Vendredi dernier, après une terrible vague d’indignation de la part des joueurs au sujet du prochain jeu Star Wars, EA publie un tweet pour annoncer sa désactivation temporaire des microtransaction en jeu. Nombreux furent ceux à saluer cette décision en rappelant que les joueurs sont capables de tenir tête à un grand éditeur si nécessaire. Au centre de l’affaire, le système de « loot box », des récompenses sous forme de pochettes surprise obtenues en jouant ou payant avec des devises réelles. Dans les deux cas, impossible de connaître à l’avance la nature de la récompense.

La raison de la désactivation pourrait être un peu moins romanesque qu’il n’y paraît. Depuis un mois déjà, plusieurs pays ont décidé de se pencher sur le système de « loot box », central dans le fonctionnement du jeu en ligne. Le Royaume-Uni a donc ouvert une enquête pour déterminer si les loot box constituent une forme de jeu de hasard. La Belgique et la France semblent suivre le même chemin tandis que la Chine a déjà légiféré à ce sujet l’année passée.

Electronic Arts avait donc tout intérêt à désactiver son système tant que le jeu n’était pas encore officiellement disponible. En effet, les jeux d’argent requièrent au préalable de disposer d’un agrément et de s’adresser exclusivement à un public majeur. En plus d’une belle amende, l’éditeur américain s’exposerait donc à voir son jeu retiré de la vente dans les pays cités.

Pour ceux qui en douteraient encore, le message diffusé sur les réseaux sociaux est clair.

« La possibilité d’acheter de la monnaie virtuelle en jeu sera disponible ultérieurement, seulement après que nous ayons procédé à des changements dans le jeu. »

EA ne compte pas se passer des microtransactions mais se donne le temps d’éviter une amende accompagnée d’une interdiction de vente. Gageons que reconnaître le système de « loot box » comme apparenté aux jeux d’argent donnerait la possibilité à l’américain de vendre ses contenus en DLC payants sans état d’âme. Dans le cas contraire, les microtransactions serait certainement rétablies rapidement. Soulignons que l’ESRB, l’organisme de régulation du jeu vidéo américain, ne reconnaît pas le système de « loot box » comme une forme de jeu de hasard.

A cela, nous pouvons également ajouter les révélations du Wall Street Journal qui laissent à penser que Disney ne souhaite pas que l’affaire vienne perturber la sortie du huitième épisode de la saga le mois prochain.