Certains ressentiront des sueurs froides, d’autres un enthousiasme incontrôlable en entendant parler d’accès anticipé. Pour ceux qui ne se sentent pas concernés, sachez qu’il s’agit d’une stratégie de développement capitalisant sur la participation des joueurs au développement du jeu en leur donnant accès à une version inachevée du produit. Il va sans dire que cet accès reste malgré tout payant, bien que souvent moins cher que le prix du jeu une fois sorti.

Image de promotion diffusée sur Steam

Si je vous parle de tout ça, c’est parce que le « jeu du moment » sur le plan médiatique vient de sortir en version 1.0. PLAYERUNKNOWN’S BATTLEGROUNDS ou PUBG pour les intimes quitte donc sa phase d’accès anticipé. Le jeu tourne dans l’Unreal Engine 4, ce qui est déjà surprenant en soit compte tenu du résultat à l’écran. Mais le choix de ce moteur a une autre conséquence terrible : l’optimisation en jeu. Franchir le cap des 60 images par secondes demeure un exploit pour une majorité de joueurs, à condition, qui plus est, de ne surtout pas tenter de pousser les paramètres d’affichage trop haut. Avec 100 joueurs simultanément en jeu et une carte gigantesque, difficile de comprendre le choix de ce moteur. Le problème est tel que de nombreux joueurs proposent leurs « astuces » pour obtenir un jeu plus fluide. Réduction de la qualité des graphismes, de la résolution, désactivation des options graphiques de Windows… On se croirait de retour en 2007 à la sortie de Crysis.

Le nombre de vidéos YouTube sur le jeu est très important

La version Xbox One souffre des mêmes tares de façon bien plus prononcée. Un jeu PC mal optimisé peut compter sur la puissance brute pour tenter de compenser le travail bancal d’une équipe de développement. Cela n’est pas vrai pour une console qui dispose d’une configuration unique : si le jeu tourne mal, le joueur n’y peut rien. L’objectif ici serait donc d’atteindre 30 images par seconde de façon stable en augmentant la qualité des graphismes tout simplement médiocres. Digital Foundry s’est d’ailleurs penché sur la question en comparant les versions PC et Xbox du jeu dans une vidéo disponible ci-dessous.

En conclusion, PUGB repose sur un concept dans l’ère du temps qui a su trouver son public, mais il semblerait que quitter son accès anticipé à ce stade du développement ne lui soit pas franchement profitable : en témoigne les évaluations variables sur sa page Steam. Affaire à suivre.