Contrairement à certaines prédictions, le marché du PC portable n’est pas mort. En réalité, il a même connu une transformation de fond sur les 5 dernières années. Aujourd’hui, le PC portable est léger, tactile et extrêmement performant. Pour poursuivre dans cette direction, Microsoft et Qualcomm ont travaillé main dans ma main  afin de créer une nouvelle génération d’ordinateurs  portables équipés des mêmes processeurs que les smartphones haut de gamme.

Une idée loin d’être nouvelle

Remontons quelques années en arrière pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé exactement. En 2012, Microsoft commercialise sa première tablette Surface. A l’époque, la tablette  ne disposait pas d’un processeur classique AMD ou Intel mais d’une puce NVidia T30 dont l’architecture est identique à celle d’un téléphone : l’ARM. Ce choix a obligé Microsoft à concevoir une version spécifique de Windows : Windows 8 RT . Si le système fait office de démonstration  quant à la faculté de l’OS à tourner sur un processeur ARM, de nombreuses limitations ont conduit à l’abandon de ce genre de puces  dans ce secteur. Obligation d’installer des applications provenant du Windows Store,  incompatibilité avec Windows 10, Microsoft abandonne l’ARM quelques années plus tard et se concentre sur les Surface Pro équipées par Intel.

C’était sans compter  sur Qualcomm, le leader en matière de processeurs pour téléphones mobiles. Leurs puces se trouvent  dans les smartphones les plus haut de gamme actuellement disponibles  comme le Samsung Galaxy Note 8 ou le LG V30. Microsoft ayant échoué sur le marché du mobile, difficile d’en rester là . C’est ainsi que les deux entreprises américaines deviennent partenaire avec un objectif : faire fonctionner Windows 10 intégralement sur les processeurs ARM de Qualcomm.

Processeurs Qualcomm Snapdragon 835 et 820 à côté d’une pièce de monnaie.

Les premiers PC ARM arrivent

A la fin de l’année 2016, à l’occasion de l’évènement WinHEC en Chine, Microsoft fait pour la première fois la démonstration de Windows 10 sur un Snapdragon 835. Edge, Photoshop, World of Tanks semblent tourner sans problème  et Microsoft promettait  d’en montrer plus prochainement. En 2017, les constructeurs comme HP et Asus annoncent les premiers modèles d’ordinateurs grand  public.

Disponible à partir de 600$, les configurations les plus solides embarqueront 8Go de mémoire vive et 256Go de SSD. Rien d’exceptionnel en somme mais ce n’est pas là qu’il faut regarder pour comprendre l’intérêt de ces nouvelles machines.

Ainsi, pour des problèmes d’espace, les processeurs mobiles se doivent d’être dotés d’un maximum de technologies  embarquées. La prise en charge des connexions en 4G LTE est par exemple assurée par le processeur et non par un composant spécifique au sein d’un téléphone récent. Donc,  les ordinateurs équipés de puces Qualcomm disposeront eux aussi de la capacité à se connecter en 4G, contrairement aux ultrabooks actuels.

L’autre argument  concernent la batterie. Malgré les efforts d’Intel, difficile de trouver aujourd’hui un ultrabook doté d’une autonomie de plus 15 heures. En effet, le microprocesseur consomme beaucoup d’énergie pour se montrer performant et réactif. Il est donc logique que l’autonomie de la machine ne puisse excéder une certaine durée, même en mode économie d’énergie.

Un processeur ARM se doit d’être moins énergivore que ses homologues PC. Son intégration dans un ordinateur classique implique donc un gain d’autonomie significatif, jusqu’à 1 semaine complète d’après Qualcomm.

HP Envy X2, le premier PC Windows 10 de HP équipé d’une processeur Qualcomm

Les performances réelles : la grande inconnue

Au cœur de la machine, il y a votre processeur. C’est lui qui est responsable de l’ensemble des calculs que fera votre ordinateur . Ses performances conditionnent donc votre expérience en tant qu’utilisateur puisqu’un processeur haut de gamme sera plus réactif qu’un modèle bon marché.

Se pose donc une question simple : les processeurs Qualcomm sont-ils capables de tenir la distance face à ceux d’Intel ? A l’heure actuelle, rien ne permet d’affirmer quoi que ce soit. Windows 10 en tant que système de bureau n’a jamais fonctionné en l’état sur un appareil équipé d’un tel processeur.

Les machines d’Asus et HP se sont déjà retrouvées  dans les mains de la presse spécialisé e pour un premier tour d’horizon. En définitive, le partenariat semble avoir payé puisqu’en plus d’une excellente autonomie, les performances semblent rivaliser avec les concurrents classiques  comme les gammes YOGA de Lenovo et Spectre de HP. Les applications comme Office ou Edge fonctionnent bien tandis qu’il faudra éviter de lancer quelque jeu vidéo pour peu qu’il soit costaud. Rien d’étonnant donc.

Si les tâches bureautiques ne posent donc aucun problème, il faudra néanmoins attendre pour en savoir plus du côté des activités plus exigeantes. Le montage vidéo professionnel par exemple, reste une activité extrêmement compliquée sur la plupart des ordinateurs portables aujourd’hui, même pour les plus performants . Reste à savoir si Qualcomm saura tirer son épingle du jeu.

Asus NovaGo, équipé d’un Snapdragon 835 et de Windows 10.

Un avenir prometteur

Personnellement, je n’attendais rien d’exceptionnel de ce partenariat. Pourtant les premiers retours sont excellents et l’offre semble solide. Il reste maintenant à déterminer si les ordinateurs se montreront efficaces dans la durée. Les arguments de l’autonomie et de la connectivité permanente seront-ils suffisants pour imposer une vraie gamme de PC ARM ? Seul le temps nous le dira.

En tout cas, il semble évident que Microsoft et Qualcomm ne s’arrêterons pas en si bon chemin. Maintenant que Windows 10 est capable de tourner pleinement sur un processeur mobile, pourquoi Microsoft ne lancerait-il pas le premier smartphone embarquant un Windows complet ?