Si vous jouez et que vous fréquentez quelques sites populaires  de jeux vidéo , vous constaterez rapidement que la guerre fait rage entre certains joueurs. A coup de termes barbares, certains n’hésitent pas à faire remarquer aux autres que leur support de prédilection est le meilleur pour des raisons techniques . Dès lors, la question se pose : est-ce qu’un bon support de jeu est nécessairement un support puissant ?

Pour avoir une vision plus globale de la situation, il faut prendre de la hauteur et regarder le marché du jeu dans sa globalité. Aujourd’hui, les plateformes de jeux sont extrêmement nombreuses. Téléphone, console portable, console de salon, ordinateur portable  ou de bureau, chacun dispose de caractéristiques propres pour tenter de séduire un maximum de joueurs. Attention, il ne s’agit pas ici d’apporter une réponse définitive à la question de départ, mais plutôt de faire la part des choses sur l’utilité d’une technologie de pointe au service du divertissement. Il ne sera donc pas question de savoir si un support de jeu est meilleur qu’un autre pour quelque raison que ce soit.

Il y a 40 ans déjà, la question était la même. Nintendo et SEGA s’affrontaient en sortant des consoles toujours plus performantes. La communication autour de ces  produits était bâtie sur la notion même de puissance en partant du postulat que le joueur achètera ce qu’il considérerait comme étant la meilleure console, en d’autres termes la plus puissante. Cette stratégie semble toujours fonctionner aujourd’hui, il n’y a qu’à regarder la bande-annonce de la Xbox One X pour s’en convaincre.

La Xbox One X, console la plus puissante au monde

Des considérations techniques souvent mal comprises

Avec l’avènement d’internet, il est maintenant possible aux utilisateurs de se retrouver et d’échanger sur des espaces de discussions. Quoi de mieux pour expliquer au monde entier que la plateforme que l’on possède à la maison est la meilleure parce que … Mais pourquoi en fait ?

Plutôt que de parler des supports, parlons des joueurs. Qu’est-ce qui justifie de voir de terribles joutes verbales sur les réseaux sociaux et les sites de jeux vidéo lorsqu’une nouvelle information sort dans la presse ? En réalité, il va souvent s’agir de spécificités techniques. Résolution, poids du jeu , support de certaines technologies graphiques, fluidité de l’action à l’écran, si tous ces éléments sont effectivement importants, ils ne veulent rien dire seuls. Pire, en poussant la chose trop loin, certains joueurs semblent tout simplement perdre le sens des réalités.

Prenons l’exemple typique d’un jeu qui serait sortit sur console de salon et sur PC. Une console de jeu embarque des composants matériels qui ne peuvent être modifiés et qui ont été assemblés pour fonctionner ensemble de façon optimale. Le constructeur aura ensuite pris le soin d’y ajouter une couche logicielle pour prendre en charge les jeux de la meilleure façon possible. Sur PC, chaque utilisateur possède sa propre configuration et aura donc une expérience finale différente . Difficile, dès lors,  de comparer objectivement la version console et la version PC  d’un même jeu sans y avoir effectivement jouer. Il convient également de rappeler que les habitudes et réflexes de chacun conditionnent  l’expérience de jeu globale . Il n’est pas certain qu’un joueur console se sente mieux sur PC et inversement pour un même jeu.

Allons plus loin et parlons un peu de technologie. Pour un même jeu, il est souvent admis qu’un jeu PC sera, et je dirai même, doit être, meilleur que son homologue de console. Si vous avez prêté attention à ce que j’ai écrit plus haut, vous comprendrez rapidement pourquoi cette idée ne tient pas la route. Une console a été conçue et assemblé e en bénéficiant d’optimisation et d’un soin à la maîtrise de l’expérience finale. Cela signifie que plusieurs centaines de personnes ont travaillé sur un appareil unique afin de le rendre optimisé et efficace pour les jeux qu’il accueillera.

Batman Arkham Knight, injouable sur PC à sa sortie à cause d’une optimisation exécrable.

Allons plus loin et parlons un peu de technologie. Pour un même jeu, il est souvent admis qu’un jeu PC sera, et je dirai même, doit être, meilleur que son homologue de console. Si vous avez prêté attention à ce que j’ai écrit plus haut, vous comprendrez rapidement pourquoi cette idée ne tient pas la route. Une console a été conçue et assemblé e en bénéficiant d’optimisation et d’un soin à la maîtrise de l’expérience finale. Cela signifie que plusieurs centaines de personnes ont travaillé sur un appareil unique afin de le rendre optimisé et efficace pour les jeux qu’il accueillera.

A moins de disposer d’un budget conséquent, difficile d’imaginer que chaque joueur PC aura bénéficié du même savoir faire pour le montage de sa propre machine. Néanmoins, grâce à l’évolutivité du PC, il est possible de toujours rester à jour en choisissant les composants les plus performants disponibles, moyennant finance . En prenant le temps de s’informer sur les nouvelles sorties matérielles et la façon dont les différents composants interagissent entre eux, il est possible de trouver un équilibre et une synergie garantissant un grand confort de jeu. Tout cela n’existe évidemment pas sur une console.

Finalement, on retiendra surtout que la console est un moyen accessible de profiter des derniers jeux disponibles en ayant la garantit d’une expérience optimale. Le PC quant à lui permet de créer sa propre expérience à condition de savoir comment faire et quoi acheter.  Chacun ne devrait-il pas être content  ?

Un phénomène encouragé par les professionnels du secteur

Qu’on le veuille ou non, c’est finalement les professionnels eux-mêmes qui attisent les flammes de cette guerre . En publiant chaque détail technique de chaque jeu à venir, les éditeurs savent que la presse spécialisée sera complice et relayera à son tour un nouvel argument pour les détracteurs d’un support. Cet état de fait permet  plusieurs choses, comme nouer des partenariats avec les fabricants de matériels. Il n’est pas rare de voir un jeu PC recommander l’usage d’une marque de carte graphique ou de processeurs plutôt qu’une autre. Sur console, on préfèrera encourager les joueurs à changer de télévision ou à acheter une manette plus sophistiquée. Deux mondes différents mais la même stratégie de l’élitisme factice.

Razer aussi a succombé à la mode du RGB au sein de ses périphériques malgré l’absence de valeur ajoutée pour l’expérience de jeu.

Cet élitisme permet aussi aux éditeurs de parquer les joueurs dans des cases et des parts de marchés bien segmentées. Que se passerait-il si chaque joueur avait sa propre vision du jeu vidéo ? Ses propres attentes ? Impossible pour une entreprise de sortir un produit en ayant la garantie de toucher le maximum de joueurs. Prenons l’exemple d’un jeu de tir à la première personne. Il s’agit d’un produit facile à produire et il sera très simple pour une équipe de communicants  de parler du soin apporté à la qualité des personnages, la vitesse de l’action ou même du nombre d’ennemis à l’écran. Tout cela ne rend en aucun cas le jeu meilleur mais permet de créer de belles bande-annonce tout en préparant l’arrivée de contenus additionnels. Pour le joueur final, parfaitement conscient de ce qu’est un « bon » jeu de tir, il est donc plus simple d’identifier les améliorations en jeu pour finalement susciter l’acte d’achat.

Si le jeu vidéo a besoin de s’améliorer, comme n’importe quel média, il a plus que jamais besoin de sang neuf. Industrialiser le processus créatif mène des géants comme EA, Sony ou Microsoft à sortir des jeux qui se ressemblent tous en proposant peu d’alternatives réelles. Mais puisque les joueurs suivent, pourquoi changer la formule ? Pour ceux qui en doute, non, le problème ne concerne pas que les consoles. En 2017 sur PC, parmi les jeux les plus joués figuraient GTA V, PLAYERUNKNOW BATTLEGROUND, Counter Strike, H1Z1 et Rainbow Six Siege. S’ils ne sont pas des copies conformes les uns des autres, on ne peut nier les très fortes similitudes qui existent entre eux.

Le cas Nintendo

En 2006, Nintendo a pris une toute autre direction que ses concurrents. En privilégiant l’accessibilité et le soin apporté à l’expérience plutôt qu’un appareil techniquement pointu, l’entreprise nippone a offert à tous les joueurs une autre voie pour se divertir. Aujourd’hui considéré comme l’un des piliers du jeu vidéo, Nintendo se heurte malgré tout à un problème récurrent : l’absence d’excellents titres tiers sur son catalogue. En prenant le partit d’évoluer à contrecourant, Nintendo met en vente des machines incapables d’accueillir les jeux les plus exigeants. Cela n’empêche pas le japonais de proposer des jeux bien pensés capables d’utiliser intelligemment les spécificités de chaque console.

La Nintendo Switch, la console au 10 millions d’unités vendues malgré sa faible puissance

La technologie au service du jeu et non le contraire

La production d’un bon jeu tient en l’exploitation intelligente de la plateforme et la création d’un système de jeu plaisant. Peu importe la plateforme, il est possible d’aboutir à un résultat qui, s’il ne plaira pas à tout le monde, constituera un apport au média lui-même. Dans cette optique, la technologie devrait contribuer et servir ce résultat plutôt que de devenir un argument de vente lui-même. A bon entendeur.