Le jeu vidéo est un art. Ce n’est ni une question, ni une opinion. Il s’agit d’un fait : le jeu vidéo est  un art. Comme tous les arts, il compte des chefs d’œuvres qui lui font honneur parce qu’ils ont réussi à écrire un pan d’histoire dudit  art. Super Mario Galaxy est au jeu vidéo ce qu’Inception  est au cinéma, une œuvre époustouflante qui ne laissera personne de marbre.

L’Aventure (avec un grand « A »)

Depuis plusieurs années maintenant, il est admis qu’une aventure vidéoludique respectera toujours rigoureusement le même schéma générique. Mirror’s Edge Catalyst, Call of Duty, Yooka-Laylee, Batman et tous les autres jeux sortis après 2010 disposant d’un arc narratif et d’une campagne prenant la forme d’une aventure respectent rigoureusement ce même modèle avec le plus grand soin. Un prologue impressionnant  suivi d’une succession de niveaux linéaires, prévisibles et peu inspirés . Pour faire illusion, les graphismes sont revus à la hausse ou  bien le gameplay joue la carte de l’exotisme avec un nouveau système de jeu censé constituer  un argument de vente lors de l’achat. Enfin, si vraiment l’équipe manque d’inspiration, il suffira d’ajouter quelques éléments de RPG comme des ennemis avec un niveau, des points de compétences ou des armes diverses et variées  à ramasser pour avoir ensuite la joie de se vanter de la richesse et la liberté de mouvement de sa production.

Super Mario Galaxy ne fait pas partie de ceux-là. Les apparences sont trompeuses durant la première heure de jeu, mais je vous garantis qu’il s’agit d’une aventure unique et inattendue. On commence donc avec l’intemporel élément perturbateur : Bowser a capturé Peach, ainsi que son château. Oui, Bowser a littéralement kidnappé le château de la princesse, avec elle dedans. Mario tente de s’interposer mais fini projeté dans l’espace. Il terminera sa course sur une planète inconnue. A son réveil, il est accueilli par un Luma, un être céleste qui guidera Mario vers l’Observatoire de la comète : le hub qui fera la jonction entre les différents niveaux du jeu. Là, il rencontrera Harmonie, protectrice de L’Univers et mère adoptive des Lumas. Cette dernière lui explique que l’Observatoire est en panne et que les étoiles disséminées sur les différentes planètes permettront de restaurer tout sa puissance. Une fois cette mission accompli, l’Observatoire sera capable de se déplacer afin que Mario sauve Peach.

Les phases en apesanteur sont impressionnantes !

Inutile de dire que le sauvetage de Peach est tout à fait secondaire dans cet opus. Vous passerez le plus clair de votre temps à explorer les galaxies et tenter de remettre en état l’Observatoire pour préserver les Lumas ainsi qu’Harmonie. Cette grande aventure compte 42 galaxies. Chaque galaxie compte plusieurs niveaux et chaque niveau permet de récupérer une étoile. Pour finir l’histoire, il vous faudra réunir 60 étoiles et faire preuve de beaucoup de doigté . En revanche, pour voir le bout du jeu, comptez encore 60 étoiles supplémentaires. Inutile de vous dire que la durée de vie est colossale, ce qui semble logique pour une vraie aventure !

Un gameplay rigoureusement parfait

Après de très longues heures de jeux, j’ai cherché ce que je pourrai éventuellement reprocher au gameplay du jeu. Très franchement, même en y réfléchissant fort, je ne trouve rien. Mario dispose d’une quantité phénoménale de mouvements qui lui permettent de s’extirper des situations les plus inextricables. Naturellement, tout cela est d’une simplicité exemplaire à prendre en main et les commandes réagissent au quart de tour . Impossible de blâmer le jeu lorsque vous mourrez, ce sera toujours de votre faute .

La caméra s’ajuste automatiquement à l’action de façon fluide et confortable. Dans les faits, vous n’aurez jamais besoin de l’ajuster. Toujours bien placée, elle suit vos mouvements naturellement et n’entrave à aucun moment votre progression. Dans les faits, elle est même votre principale alliée puisque la moindre erreur de cadrage nuirait gravement à votre expérience de jeu.

Un jeu de plateforme classique tire rarement partit des 3 dimensions de son monde simultanément. Ici, c’est le cas, puisque l’ensemble des niveaux et du gameplay sont basé sur la gravité. Cela signifie que Mario se retrouvera souvent la tête en bas pour affronter ses  ennemis ou accomplir des missions. S’il faut reconnaître qu’un temps d’adaptation est nécessaire, la prise en main est presque immédiate et l’on exécute rapidement des actions acrobatiques et techniques sans le moindre problème. Chaque galaxie dispose de son propre environnement et chaque planète de ses spécificités. Le jeu est d’une richesse incomparable, à tel point que j’aurai du mal à lui trouver un challenger.

Même perché sur une pomme géante avec la tête en bas, le jeu reste parfaitement jouable

Si l’histoire s’avère moyennement difficile à terminer, le jeu est un véritable défi posé à tous les joueurs exigeants. La difficulté reste toujours maîtrisée mais croît de façon exponentielle au fur et à mesure que vous avancerez  dans la partie. Chaque élément de gameplay est simple à comprendre, les costumes par exemple. Mario pourra revêtir  plusieurs nouveaux costumes comme celui de l’abeille, lui donnant la capacité de voler. Ce mécanisme est très simple à comprendre, mais les développeurs se sont amusés à le détourner dans des défis simples au début, puis franchement ardus  sur la fin. Plateformes mouvantes, trous noirs, fantômes, missiles à tête chercheuse, tête en haut, en bas, sur terre, dans les airs  et sous l’eau, Mario n’a jamais eu une aventure aussi palpitante.

La Wii était donc capable de ça ?

J’aime la Wii . C’est une console accessible, familiale et qui a contribué à populariser le jeu vidéo auprès du grand public. J’aime aussi la l’ultra haute définition, le HDR et les textures en haute résolution. Super Mario Galaxy est sorti sur Wii exclusivement ! Mais ce n’est pas grave, parce qu’après une magistrale leçon de gameplay, c’est une démonstration de force légendaire que la technique derrière le jeu nous offre.

Toute la direction artistique du jeu a tenu compte des capacités limitée de la console. C’est bien simple, chaque élément à l’écran a été pensé pour que le jeu tourne de façon fluide tout en étant artistiquement bluffant. L’univers  du jeu semble gigantesque, pourtant, chaque galaxie fourmille de planètes qui elles-mêmes semble toutes prendre vie. Le monde est vaste, détaillé et plein de petits effets graphiques qui lui donne un cachet particulier : reflets , étoiles, poussière, feu, tous les éléments à l’écran sublime le jeu dont le rendu final est particulièrement séduisant.

Les niveaux sont souvent construits verticalement

Puisque ça ne suffisait pas à en faire un jeu grandiose, Nintendo a créé sa propre vision de l’espace. Un endroit où les couleurs et les lumières se côtoient dans un balai ininterrompu de panoramas à couper le souffle.  Au fil des pérégrinations de Mario, l’Univers se dévoile dans toute son immensité sans que jamais aucun temps de chargement, aucun ralentissement ne vienne vous sortir de ce qui ressemble à un rêve fabuleux.

Ce voyage poétique et intelligent n’aurait rien mérité de moins qu’un orchestre symphonique au grand complet pour l’ensemble de la bande originale du jeu. Délicates et précieuses  lorsque le moment s’y prête, les compositions sont titanesques et bouleversantes quand le jeu doit soutenir ses scènes les plus mémorables. Avec 2 heure 15 de musique symphonique  originale mêlant le classique, l’électronique et tout une incroyable palette de saveurs sonores, le jeu se dote d’une des plus belle bande son de l’histoire du jeu vidéo. Un vrai travail d’orfèvre à savourer avec du bel équipement audio, cela va de soi.

Toutes les bonnes choses ont une fin

Si vous n’avez pas de Wii, achetez-en une. Si vous ne trouvez la console nulle part, devenez ingénieur et fabriquez la votre après 5 ans d’étude . Je vous garantis que vous ne le regretterez pas. Nintendo a réussi un coup digne des plus grands et personne ne pourra jamais l’oublier.

120 étoiles plus tard, je vous garantie que le jeu vous paraîtra encore trop court. Le problème de l’excellence, c’est qu’elle prend racine dans le périmètre de son œuvre. Super Mario Galaxy est de très loin le plus beau, le plus riche et tout simplement le meilleur jeu de plateforme jamais conçu.