S’il y a bien un genre de jeu que j’ai en horreur, ce sont les jeux massivement multijoueur en ligne. De mon point de vue, la majorité de ces jeux demandent une énorme implication du joueur. Entre les heures de jeux nécessaires pour obtenir des équipements, de l’expérience, une bonne connaissance du monde et l’aspect compétitif trop souvent injustifié, je n’y trouve définitivement pas mon compte. Pas ou peu d’histoire, aucun plaisir de la découverte et la plupart du temps une ergonomie et des graphismes assurant à peine le minimum syndical. Bref, vous l’aurez compris, les jeux en ligne type Overwatch, League of Legends et World of Warcraft, merci mais sans moi.

Il était donc logique que j’appréhende Sea of Thieves avec certaines craintes. Qu’il s’agisse de la rencontre avec d’autres joueurs, expérience de jeu bêtement compétitive ou d’un gameplay potentiellement ultra complexe… telles étaient mes plus grandes peurs avant de débuter ma partie.

A l’abordage !

Après avoir installé les 20Go de données nécessaires au lancement du jeu, le voilà qui démarre. Je découvre alors le logo du développeur, Rare, ainsi que celui de Microsoft Studios. Il s’agit donc d’un jeu Microsoft développé par le studio derrière des jeux comme Perfect Dark et Banjo-Kazooie ! Serait-il possible que le gameplay soit un mélange de vue à la première personne avec des éléments de plateforme ? La question est posée.

Une fois passé l’écran de démarrage, une courte vidéo m’introduit à l’univers du jeu. Enigmes, trésors, morts-vivants, pirates, exploration, cette première introduction donne le ton en laissant planer le mystère sur les objectifs que je devrai très bientôt atteindre. A peine terminée, il est temps de choisir mon pirate. C’est à ce moment que je me crispe. Je croise alors les doigts pour n’avoir que quelques points de compétences à allouer, un nom peu inspiré à lui donner et une tenue à choisir. Créer mon avatar pendant des heures me plaît beaucoup dans un jeu comme Les Sims. Savoir si mon pirate sera agile, endurant ou discret m’importe en revanche franchement bien peu. Pour en revenir au jeu, une fois mon pirate choisi, pas de compétences ou de classe à choisir, tout est très simple. Je peux opter pour deux types de bateaux en fonction de la taille de mon équipe. Il s’avère que je peux embarquer seul pour ma première partie. Un jeu massivement multijoueur avec un mode solo donc ? En voilà une idée qu’elle est bonne !

Le jeu est beau à couper le souffle

Après un court chargement, j’apparais finalement dans une taverne d’où s’échappent quelques rayons de soleil par l’encadrement de la porte. Je sors du bâtiment et découvre un paysage paradisiaque immaculé. Les couleurs sont vives et les graphismes parfaitement lisses. Tout le jeu revêt cet aspect digne des meilleurs films Pixar grâce à son moteur de jeu : l’Unreal Engine 4. Les rayons du soleil taquinent subtilement la surface de l’océan tandis que le soleil commence à se coucher. Il est temps de commencer mon exploration.

La quête des poules maudites

Rassurez-vous, aucune poule n’a été maltraitée durant la rédaction de cet article. Cela s’explique par le fait que les gallinacés en question furent les premiers à tout faire pour me nuire. Mais j’y reviendrai dans un instant.

Le système de progression du jeu est on ne peut plus simple. Sur l’imposante carte du monde se trouvent des îles. Certaines d’entre elles sont des avant-postes, où se trouvent les tavernes, les marchands et les représentants des différentes factions. En d’autres termes, les avant-postes sont le point de départ et parfois d’arrivée de vos quêtes. Ils peuvent aussi faire office d’étape ou de lieux de rassemblement. Lorsque votre partie commence, vous apparaissez dans la taverne d’un avant-poste.

A vous ensuite de vous rendre vers le représentant d’une des trois factions : Marchands, Collectionneur d’or ou Ordre des âmes perdues. Chacun d’eux vous confiera des quêtes moyennant finance. Les marchands vous demanderont de trouver et livrer des produits spécifiques comme des poules ou des cochons durant les premières quêtes. Les collectionneurs d’or vous enverront chercher de précieux trésors sur les îles avoisinantes et l’Ordre des âmes perdues vous demandera de ramener des crânes de morts-vivants damnés. Toutes ces quêtes feront grimper votre réputation auprès des différentes factions qui vous confieront des quêtes de plus en plus intéressantes. Chaque faction a ses secrets, le monde de Sea of Thieves est loin d’être aussi simple et naïf qu’il peut paraître au premier abord mais il faudra passer les quêtes de début de jeu pour s’en rendre compte.

J’ai donc choisi de commencer par une quête de la faction des Marchands. Capturer une poule me semblait bien plus simple que de trouver un trésor ou affronter une armée de squelettes. Rien ne me préparait à ce qui allait se produire plus tard. Après avoir accepté la mission, j’arrive donc sur mon bateau où rien ne m’est expliqué. Fort heureusement, le jeu est plutôt simple et vous trouverez rapidement comment démarrer une quête, manœuvrer votre bateau et vous repérer dans le monde de Sea of Thieves.

Il me fallait donc rapporter deux poules tachetées à l’avant-poste Plunter. Une fois la quête entamée, je me suis donc mis à la recherche des fameuses poules. De cette façon, j’ai pu découvrir les joies de la navigation. Parfaitement jouable aussi bien à la manette qu’au clavier et la souris, le jeu a le bon goût de ne disposer que de très peu d’éléments d’interface. Quelques indications contextuelles sur les boutons à presser pour effectuer une action, un menu pause et une interface pour vos voyages et un résumé de votre progression. Tout le reste se fait directement dans le jeu au travers d’éléments comme la carte, la boussole, la longue vue, et d’autres objets qui viennent remplacer des actions d’ordinaire automatiques et contextuelles. L’immersion et la cohérence n’en sont que meilleurs.

Les poules, juste avant d’arriver à bon port

Après avoir exploré des îles très différentes les unes des autres, tantôt petites, tantôt immenses, certaines construites verticalement, d’autres plates et labyrinthiques, je trouve enfin mes volailles. Quand je dis « trouver », c’est à prendre au sens propre. Il m’aura fallu presque une heure pour trouver des poules. Mais aucunes d’entres elles n’étaient tachetée. Noires, blanches, dorées, il y a tout sauf ce qui m’intéresse. Je m’enfonce donc plus profondément dans la jungle luxuriante armé de ma cage à poule au cœur de la nuit.  Soudain, je perçois des sifflements sourds ainsi que des cliquetis. Entouré de serpents, j’étais en train de me faire encercler par des squelettes alors que je me promenais toujours avec ma cage dans les mains.

Je sors mon épée et commence à affronter les sacs d’os. Une touche pour taper, une pour parer, là encore, simple et efficace ! Finalement, je viens à bout de mes adversaires et réussi à échapper aux serpents pour entrer dans une clairière. Là, je trouve des poules tachetées… Victoire ! Enfin, non, pas encore. Dans le feu de l’action, j’ai couru après les poules pendant près d’une demi-heure avant de comprendre qu’il fallait que je m’équipe d’une cage à poule pour en capturer une. C’est à ce moment précis que je réalise qu’une cage ne peut contenir qu’une poule. Mais il m’en faut deux et je n’ai pris qu’une seule cage avant de partir.

Bien ! Donc finalement, je repars avec ma poule durement capturée que je ramène dans mon bateau. Je la place dans la cale et en profite pour manger une banane afin de récupérer un peu de santé. Après avoir refait toute la route jusqu’à l’avant-poste Plunter, je récupère une deuxième cage à poule puis retourne sur l’île où j’ai dégoté la première cocotte. Le jour se lève enfin et je me dis que le plus dur est derrière moi.

Tout en évitant soigneusement les serpents, je retrouve ma route jusqu’aux poules tachetées. J’en capture une rapidement et rejoins mon navire pour terminer cette mission censée faire office de tutoriel. Je lève l’ancre, déploie la voile et sursaute lorsqu’un éclair vient fendre le ciel sombre. Les nuages denses couvrent maintenant le soleil et le vent se lève alors que la pluie commence à tomber. En suivant la direction de l’avant-poste, je découvre une mer très agitée qui manque de peu de faire chavirer mon navire. Finalement, les eux se calment mais il reste très difficile de voir l’horizon. La tempête finie par se calmer et je distingue l’avant-poste au loin. Je descends alors vérifier que tout va bien pour mes poules. Elles sont là où je les avais laissés, dans leur cage, à caqueter comme si de rien n’était. Un terrible choc vient alors m’alerter. La coque du bateau semble frotter contre quelque chose. Je remonte sur le pont et constate avec horreur que je viens de heurter un rocher gigantesque à l’entrée de l’avant-poste. Malgré mon application, je fini par abandonner de redresser le navire tant il devient incontrôlable.

Je réalise tardivement qu’en heurtant la roche, la coque de mon embarcation a certainement souffert. De retour dans la cale, l’eau a presque tout recouvert. Des trous de part et d’autre de la coque laisse l’eau s’engouffrer à toute vitesse. A peine ai-je le temps de procéder à des réparations de fortune que d’autres crevasses apparaissent. Je constate alors que mon avatar semble sur le point de suffoquer à cause de l’eau et je tente de remontrer sur le pont reprendre ma respiration.

C’est ainsi que se termine la (pitoyable) quête des poules maudites. Le bateau a coulé à l’entrée de l’avant-poste et les poules ont réussi à s’échapper, les deux cages vides flottants à la surface de l’eau. Difficile d’imaginer qu’une quête aussi simple a pu aboutir à un tel fiasco !

Coopérer, la clé du succès

Dans Sea of Thieves, la coopération est essentielle. Qu’il s’agisse de naviguer ou d’atteindre des objectifs simples, le jeu a clairement été conçu pour être joué à deux minimum. Les premières missions restent gérables en solo mais elles risquent de devenir rapidement compliquées si vous optez pour une aventure intégralement en solitaire.

C’est pourquoi je me suis trouvé des complices avec lesquels partir en mer. Tout devient immédiatement plus facile et surtout bien plus fun ! Les décisions à prendre engendrent des discussions et nécessitent de mettre en œuvre des stratégies où chacun aura un rôle clé à jouer. Compter sur un partenaire de confiance permet donc de s’enrichir bien plus vite mais aussi de faire face aux dangers à plusieurs. Enfin, les phases de navigation peuvent devenir un peu longues lorsque l’on navigue seul.

Je sens que l’on va former une super équipe

Mieux, grâce à Xbox Play Anywhere, les joueurs PC et Xbox peuvent barouder de concert depuis leur support favori. Il est aussi possible de commencer sa partie sur Xbox et de la continuer sur PC et vice versa.Mieux, grâce à Xbox Play Anywhere, les joueurs PC et Xbox peuvent barouder de concert depuis leur support favori. Il est aussi possible de commencer sa partie sur Xbox et de la continuer sur PC et vice versa.

Un monde vivant et crédible

Outre les graphismes splendides avec une mention spéciale à l’océan qui est tout simplement l’une des meilleures reproductions de l’eau qu’il m’a été donné de voir dans un jeu vidéo, c’est surtout l’ambiance sonore qui participe à l’immersion. Il y a finalement peu de musiques dans le jeu mais les bruitages accompagnent chacun de vos pas. Le bateau craque, le vent souffle, la faune s’agite, la mer danse, chaque chose a sa place en harmonie avec le reste. Le résultat fonctionne parfaitement, en particulier dans les phases de navigation, à la fois reposantes et pleines de promesses.

J’insiste, c’est vraiment joli !

De nombreux évènements aléatoires peuvent survenir dans le jeu. Qu’il s’agisse de la météo, du Kraken ou d’autres joueurs, vous serez souvent pris au dépourvu lors de vos explorations. Il en va de même sur les îles. Alors que vous chercherez, au hasard, une poule, un passage semblant donner vers une grotte sombre vous tendra les bras. A vous ensuite de décider s’il est intéressant de vous éloigner de votre quête en cours pour partir explorer le jeu. Sachez que votre audace et votre courage seront généreusement récompensés, mais cela ne sera pas sans risque.

Il est déjà temps de reprendre la mer !

Chaque partie est une nouvelle aventure dans Sea of Thieves. Il s’agit clairement d’un nouveau genre de jeux multijoueur. La compétition n’existe pas ici puisqu’il n’y a ni classements, ni rangs. Chacun avance à son rythme sans subir la pression de l’expérience des autres. De même, les joueurs que j’ai pu rencontrer ont souvent fait preuve de beaucoup de bienveillance. Sea of Thieves est comme un bon repas à partager entre amis durant un dimanche ensoleillé : Il a y bien assez à manger pour tout le monde et chacun trouvera dans le jeu ce petit quelque chose qui le retiendra. Exploration du monde, découverte de l’histoire et des secrets, amélioration de la réputation auprès des factions, il y en a pour tout le monde, dans la joie et le plaisir de coopérer.