Entre les blockbusters et les jeux indépendants, il y a les titres comme State of Decay 2. Des jeux qui ont une équipe et un budget raisonnable pour proposer une expérience différente, seul  ou à plusieurs. Dans le cas présent, il s’agit d’une invitation à constituer votre propre communauté de survivants et de les aider à échapper à l’invasion imminente des zombies. Reprenant les mécanismes du premier opus, State of Decay 2 va toutefois les pousser bien plus loin tout en s’offrant un lifting graphique bienvenu. Pour autant, le jeu n’est pas exempt de bugs. Toute la question maintenant, c’est de savoir s’il vaut les 30€ demandés par Microsoft pour l’édition standard.

« I’m on the highway to hell »

Pour répondre à cette question, il faut d’abord définir ce qu’est State of Decay 2. En l’occurrence, une simulation de survie dans un monde ouvert où la gestion d’une base ainsi que  celle de chaque survivant vous incombera. Ne cherchez pas de scénario complexe avec des embranchements et une trame narrative sous forme de locomotive lancée à pleine vitesse sur un rail unique, ici, vous écrivez l’histoire en faisant des choix irrévocables.

La trame de départ est simple : invasion de zombie, tout le monde est mort, sauver les derniers survivants, bon courage ! Le reste ne dépend que de vous. Une partie commence par la création d’une communauté. Une partie commence par la création d’une communauté composée initialement de trois personnes. Celle-ci devra trouver un lieu où s’installer puis il faudra travailler d’arrache-pied pour collecter les ressources nécessaires à son fonctionnement. C’est alors que vous partirez explorer l’une des trois grandes cartes du jeu au sein desquels vos nerfs seront mis à rude épreuve.

L’enfer résume assez bien ce qu’il se passe dans jeu. Chaque élément de gameplay a une incidence sur votre partie et rien ne vous sera épargné lorsqu’il s’agira de vous mettre dans des situations critiques. Pour prendre un exemple très concret : la gestion de vos ressources vous demandera une attention de chaque instant. Cela signifie que vous devrez souvent sortir de nuit pour trouver ce dont vos survivants ont besoin.

La gestion et la protection de votre base est au centre du jeu.

Imaginez maintenant le scénario suivant : il fait nuit noire (nous y reviendrons), votre sac est plein de précieuses ressources qui vous alourdissent considérablement. C’est là qu’une horde de zombies apparaît et décide de vous prendre en chasse. Pendant ce temps, un survivant vous informe par radio qu’il a perdu une partie de votre nourriture et qu’une violente dispute s’apprête à éclater dans la base. Voilà, l’enfer, c’est ça !

En imbriquant un ensemble de microsystèmes les uns dans les autres, le jeu propose une grande variété de situations  avant même de se poser la question de vos choix au sein du monde. De fait, vous comprendrez que l’histoire que vous vivrez sera la vôtre, et uniquement la vôtre. Pourtant, ce sont bien vos choix qui auront les plus lourdes conséquences, du début à la fin du jeu.

Choisir, c’est renoncer

Contrairement à ce que vous pourriez penser, la gestion de votre communauté n’est pas une simple tâche administrative. Comprenez par là qu’au-delà de la collecte de ressources indispensables votre marge de manœuvre est complète pour aborder le monde qui vous entoure et nouer des relations avec les autres communautés de la carte.

Vous n’êtes pas seul. D’autres groupes de survivants ont élu domicile sur les terres dévastés de Dayton. Qu’ils soient amicaux, neutres ou hostiles, votre relation avec eux évoluera au fil du temps. Vous serez amenés à interagir avec eux pour leur fournir de l’équipement, des ressources et même de l’aide pour partir en mission. En échange, si vous parvenez à instaurer un climat de confiance, ils pourront vous rejoindre pour resserrer les rangs de votre propre communauté.

Sans électricité, il fera souvent noir

Votre partie ne peut exister sans communauté. Le jeu n’ayant pas de héros attitré , vous prendrez le contrôle de chacun des survivants alternativement pendant que les autres se reposeront et gèrerons votre base. Cela signifie qu’un survivant de plus ou de moins a une vraie incidence sur votre base puisqu’il représente en quelque sorte une « vie » supplémentaire avant le game over.

Dans tous les jeux de survie du monde, mourir n’est finalement pas si grave. Dans State of Decay, c’est une catastrophe totale. Pour mieux comprendre pourquoi, il faut s’intéresser à la sauvegarde de la progression. Aucune option de sauvegarde manuelle n’est disponible ici, tout simplement parce que vos actes sont irréversibles. Comprenez par là qu’à chaque fois qu’un évènement se produira dans le jeu, ce dernier le sauvegardera de façon définitive sans vous laisser la possibilité de revenir en arrière. Perdre un survivant devient donc irréversible, vous forçant à continuer de jouer sans pouvoir compter sur lui. Afin d’être le plus clair possible, il n’existe aucun moyen de réanimer, revitaliser ou récupérer un survivant mort. Lorsqu’il est perdu, c’est terminé.

Ce côté définitif est sans aucun doute la chose la plus intéressante du jeu. Cela force le joueur à repousser ses limites tout en se montrant créatif pour trouver des solutions à ses problèmes. Néanmoins, si tous vos survivants meurent, c’est terminé, il faudra reprendre votre partie depuis le début avec une nouvelle communauté.

Des nouveautés en pagaille

Nouveau moteur graphique, multijoueur, nouveaux zombies, nouvelles cartes, nouvelle gestion de la base, tout a été revu pour le deuxième opus. En surface, il s’agit d’un genre de remake . Dans les faits, les sensations sont très différentes tout comme l’équilibrage. Le premier était finalement plutôt simple à gérer lorsqu’on avait en main les mécanismes du jeu. Ici, le sentiment d’oppression est fort dans la mesure où trouver des ressources, des véhicules et des survivant s’avère bien plus difficile. Le jeu est aussi plus complexe avec de nombreux nouveaux équipements  à construire dans votre base tandis qu’il est maintenant possible de promouvoir l’un de vos survivants comme chef de la communauté.

Le jeu propose trois carte, chacune de la taille de celle du premier opus.

La première des deux grosses nouveautés réside dans le mode multijoueur. Pas de serveur dédié ici, un hôte accueil jusqu’à 3 amis pour l’aider dans sa propre partie. Le système fonctionne bien même s’il aurait été intéressant de pouvoir gérer une base à quatre et attribuer des rôles spécifiques à chacun. Dans les faits, vos amis sont ici des invités uniquement présents pour vous aider. Ils repartiront dans leur partie respective (si leur survivant ne meurt pas avant) avec des récompenses pour vous avoir rendu service.

La deuxième principale nouveauté consiste en la peste sanglante. Cette terrible maladie rend le jeu imprévisible à cause d’un nouveau type de zombie particulièrement dangereux. Lorsqu’un zombie infecté par la peste sanglante mort l’un de vos survivant, celui-ci attrape la maladie. S’il ne se soigne pas rapidement, il devient lui-même un zombie. Votre principal objectif consiste à anéantir les cœurs de peste, immondes tas de chair à l’origine de ce virus. Chaque cœur de peste anéantis vous permet de récupérer des échantillons capables de synthétiser un remède au virus. Détruire un cœur de peste renforce également tous les autres présents sur la carte.

Tout n’est pas (encore) parfait

Oui, il y a des bugs. Oui, ils sont particulièrement agaçants et frustrants pour certains. Du bug de collision qui vous coince dans une porte à celui qui empêche un ami d’accéder à la réserve d’équipement en multijoueur, nous avons vu pas mal de petites choses qui, mises bout à bout, peuvent devenir pénibles. Pourtant, en l’état, le jeu reste intéressant et très plaisant à jouer. Gageons qu’Undead Labs patchera rapidement son jeu pour corriger ces vilains défauts.

Alors, bien ou pas ?

Sans hésitation, bien ! Très bien même ! Aucun autre jeu ne peut prétendre concurrencer State of Decay 2 dans sa catégorie. Il est le seul à proposer de la gestion avancée et une simulation de survie crédible. Tout ça dans un système de jeu particulièrement punitif qui ne pardonne ni l’erreur, ni l’imprudence. A plusieurs, le jeu est vraiment amusant et chacun se prend rapidement au jeu de collaborer pour collecter des ressources et venir à bout des pires menaces. Une très bonne pioche, sans conteste, qui a encore besoin de quelques ajustements salvateurs.