Depuis 18 ans déjà, Sony a su proposer des franchises fortes aux joueurs. L’histoire de celle qui nous intéresse aujourd’hui commence en 2002 sur PlayStation 2. Ratchet, lombax et mécanicien de talent, vit paisiblement jusqu’au jour où Clank, un robot défectueux évadé de sa chaîne de production, s’introduit dans sa vie. Ce dernier explique à Ratchet que le Président Drek, personnage aussi puissant qu’infâme, envisage de reloger la race des blargs sur une planète conçue artificiellement. Ce grand projet ne pourra néanmoins aboutir qu’en détruisant les autres planètes et formes de vie de la galaxie. Ratchet & Clank vont donc tenter de trouver le capitaine Qwark pour l’aider à sauver l’univers. Naturellement, rien ne va se passer comme prévu.

Des bases solides pour une aventure inoubliable

S’il on pourra regretter que le jeu soit un peu court, l’aventure n’aura en tout cas pas manqué de rebondissements et de variété. Ici, pas de niveaux mais des planètes. Chaque planète dispose d’un certain nombre de points d’intérêt qu’il faudra rejoindre en s’occupant des ennemis sur le passage. Comprenez par là qu’une planète dispose de plusieurs portions et que chacune d’elle est indépendante des autres. Certains objectifs demandent également d’effectuer certaines actions sur une planètes puis de terminer la mission sur une autre.

Pour mener à bien cette aventure, toutes les bases du jeu de plateforme sont ici respectées. Double saut, combo de coups et gadgets viendront rythmer l’ensemble de votre épopée. Tout le sel de ce périple réside d’ailleurs dans la foultitude de gadgets disponibles. Certains sont des armes, d’autres, des outils. L’ensemble forme un arsenal colossal vous permettant de jouer comme bon vous semble : pistolet mitrailleur, balles à têtes chercheuses, bombes, sbires autonomes et autres joyeusetés vous assisterons dans l’anéantissement de l’armée du Président Drek. Les combats sont nerveux et souvent riches en émotion. Chaque type d’ennemi possède son propre comportement : certains volent tandis que d’autres se cachent sous terre. Tous ont l’espoir de vous tuer, au corps à corps ou à distance.

Les graphismes sont vraiment sympas !

Précisions enfin que les armes (ainsi que les munitions associées) comme les gadgets doivent être achetés auprès d’un revendeur Gadgetron. Ces derniers seront payés en boulons que vous collecterez un peu partout dans les niveaux.

Les phases de plateforme sont toujours très agréables et bien pensées. Les nombreux outils permettent de varier les plaisirs et renouvèlent l’intérêt du jeu. Le crochetage donnera lieu à un mini-jeu dédié, votre déguisement de robot servira à infiltrer les usines de Drek et le grapin vous propulsera vers des endroits normalement inaccessibles. Vous l’aurez compris, les activités sont très variées et le sentiment de routine ou de déjà vu ne s’installe pas, même après avoir terminé le jeu. Parviendrez-vous à collecter tous les boulons d’or et découvrir les secrets de chaque planète ?

Un scénario étonnamment mature

De prime abord, le jeu se présente donc comme un énième prétexte de sauver le monde. La réalité est très différente. Chaque personnage a son caractère, ses qualités et ses défauts. Loin d’incarner uniquement des stéréotypes, le comportement de chacun va évoluer au fur et à mesure de l’aventure. Même les personnages en apparences sans importance apporteront leur pierre à l’édifice au travers des dialogues très travaillés.

Prenons l’exemple des vendeurs Gadgetron évoqués plus haut. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque le premier rencontré m’a salué chaleureusement d’un : « Salut mes cailles ». Toute l’ambiance du jeu repose sur le registre de langue des personnages, leur comportement ainsi que les doublages. L’aventure sur fond de science-fiction pourrait finalement se dérouler dans notre présent.

Drek, le grand méchant du jeu.

Chacun a donc ses motivations propres et cela conduit à des situations crédibles. Le garde du corps de Qwark vous demandera un pot-de-vin pour vous laisser passer, même le jeu vous expliquera régulièrement que certains gadgets ne doivent pas être utilisés à des fins illégales… ce que vous ferez évidemment.

Le monde de Ratchet et Clank n’est ni juste, ni romanesque. Chacun essai de tirer son épingle du jeu face à la menace que représente le Président Drek. Tout cela sera surement transparent pour un enfant mais les adultes apprécieront ce degré de lecture supplémentaire.

Techniquement, ça dépote

Pour un jeu PlayStation 2, le résultat est franchement honorable ! Les graphismes sont colorés et variés. La modélisation du monde est très agréable et la direction artistique inspirée. Seuls témoins de la période de sortie : les textures et la distance d’affichage qui ne tiennent plus vraiment la route à l’heure où j’écris ces lignes. Cela n’entache absolument pas le plaisir de jeu mais représente tout de même les limites de ce qu’il était possible de produire à l’époque pour la console de Sony.

Côté animation, c’est irréprochable. Ratchet et Clank se prennent en main immédiatement et le jeu pourrait presque ressortir en l’état sur nos consoles actuelles. Tout a été pensé et réfléchi pour le meilleur rendu possible. Le seul vrai défaut du jeu réside dans sa mise en lumière. Certains niveaux sont vraiment trop sombres et aucune option ne permet de changer ça. Je me suis donc retrouvé à pousser la luminosité de mon écran au maximum pour à peine distinguer les contours de certaines portions de niveau. Dommage.

Plusieurs gameplays différents sont proposés dans le jeu, souvent pour le meilleur.

La musique est de bonne qualité même si le début et la fin de certaines boucle s’entend distinctement. Chaque planète dispose de ses propres thèmes et ils sont vraiment nombreux. Le sound design est d’ailleurs globalement réussi à l’exception de certaines incohérences vraiment perturbantes lorsqu’on les remarque. Clank, par exemple, est constitué de boulons et de pièces métalliques. Je doute néanmoins que ses pieds produisent un cliquetis métallique lorsqu’il foulera le sol d’une planète où l’herbe et la boue se côtoient. Ces petits détails peuvent sembler anecdotiques, mais ils nuisent à l’immersion une fois qu’on s’en rend compte.

Plus globalement, le monde autour de vous est vivant : véhicules, animaux en tout genre, il se passe tout le temps quelque chose à l’écran. Les différents environnements sont plutôt vastes, denses et crédibles.

Ratchet & Clank, une équipe formidable !

Arrivé à la fin du jeu, le sentiment d’avoir vécu une grande aventure ne vous quittera pas. Mieux, vous aurez même envie d’y retourner immédiatement avec vos armes et vos gadgets pour tenter de découvrir de nouvelles zones et le secret qui se cachent au sein des différentes planètes. Ratchet & Clank était déjà une réussite à l’époque de sa sortie, mais cette leçon de game design n’a que très peu subi les effets du temps !Arrivé à la fin du jeu, le sentiment d’avoir vécu une grande aventure ne vous quittera pas. Mieux, vous aurez même envie d’y retourner immédiatement avec vos armes et vos gadgets pour tenter de découvrir de nouvelles zones et le secret qui se cachent au sein des différentes planètes. Ratchet & Clank était déjà une réussite à l’époque de sa sortie, mais cette leçon de game design n’a que très peu subi les effets du temps !