Puisque l’actualité est plutôt calme et que la Paris Games Week approche, j’ai voulu prendre le temps de découvrir la liste des jeux présentés sur le salon. Quelques titres ont retenu mon attention mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence : aucun des titres annoncés n’a réellement créé chez moi de sentiment d’impatience à l’idée de pouvoir le tester.

Alors, j’ai reporté mon attention sur les sorties de cette fin d’année. A l’approche de Noël, j’allais bien trouver un jeu susceptible de m’enthousiasmer quelque peu. C’est à ce moment que j’ai compris ce qui n’allait pas. Regardez le nom des jeux suivants : Battlefield V, Just Dance 2019, Just Cause 4 et Mega Man 11 . Rien ne vous embête ? Parce qu’en ce qui me concerne, je ne vois que des suites de franchises éculées. Mais peut-être que je me trompe et que j’ai volontairement choisi ces jeux pour asseoir mon propos ? Regardons cela de plus près.

Les sorties de fin d’année

Je me suis permis d’aller regarder ce que les principaux éditeurs de jeux comptaient sortir d’ici la fin de l’année. Cette période faste pour l’industrie du jeu vidéo est l’occasion rêvée de lancer un nouveau produit. Aussi, ai-je naïvement cru que j’allai vraiment trouver des nouveautés à côté desquelles j’étais passé jusqu’à maintenant. Voici le résultat de mes recherches.

Electronic Arts

  • NBA Live 19
  • NHL 19
  • FIFA 19
  • Battlefield V

Ubisoft

  • Transference
  • Assassin’s Creed Odyssey
  • Just Dance 2019

Activision

  • Call of Duty Black Ops IIII
  • Spyro Reignited Trilogy

Sony

  • SpiderMan

Square Enix

  • Dragon Quest XI
  • Final Fantasy XV Pocket Edition
  • Shadow of the Tomb Raider
  • Life is Strange 2
  • The Quiet Man
  • Hitman 2

Capcom

  • Mega Man 11

Nintendo

  • Xenoblade Chronicles 2
  • Super Mario Party
  • Pokémon Let’s Go
  • Super Smash Bros. Ultimate

Microsoft

  • Forza Horizon 4

Gardez en tête que je ne prétends pas ce tableau exhaustif et qu’il est possible qu’une sortie de second plan ait lieu chez l’un des éditeurs suivants d’ici la fin de l’année. Je vous ai fait grâce des DLCs et extensions puisqu’elles sont rattachés à des jeux déjà sortis. Ce que vous avez sous les yeux, ce sont les principaux jeux sortis pour les plus gros éditeurs du marché de septembre à décembre.

Vous trouverez indiqué, en gras et italique, tous les jeux de la liste qui ne sont pas des suites, des adaptations d’univers connus ayant déjà des jeux à leur actif ou des franchises réaménagée pour une plateforme.

En définitive, sur 22 titres, seuls 2 sont réellement nouveaux. Transference est un jeu narratif disponible en VR exclusivement ayant écopé d’un métascore de 78 sur PC et 71 sur consoles de salon. The Quiet Man, quant à lui, est un jeu à mi-chemin entre le combat et l’aventure narrative. S’il semble intéressant sur le papier, les premières séquences de gameplay font état d’un jeu techniquement daté au gameplay raide. Pour ceux souhaitant en savoir plus, rendez-vous ici.

La créativité, donc ?

Naturellement, mon tableau ne prend pas en compte des éditeurs comme Bandai Namco, SEGA, Bethesda et 2K Games qui mériterait pourtant d’avoir notre attention. Mais même en les comptant, les nouvelles Intellectual Property (IP) se font très rares et n’ont rien d’enthousiasmant.

Il y a quelques années, Activision a totalement stoppé la production des jeux estampillés Hero (Guitar Hero, DJ Hero, Band Hero…) parce que le public ne répondait plus présent. Sur ces dernières années d’exploitation, cette franchise pouvait sortir jusqu’à 4 jeux par ans, sans compter les contenus additionnels. En noyant les joueurs avec des jeux qui n’ont fondamentalement rien de nouveau, les éditeurs qui ont du pouvoir et la capacité de prendre des risques ne jouent plus leur rôle de moteur dans une industrie qui ne peut pas survivre sans idées fraîches à long terme.

J’entends déjà des voix s’élever clamant haut et fort que le jeu indépendant est une réponse à ce genre de comportements. Personnellement, je ne le crois pas pour plusieurs raisons. La première, c’est que le terme de jeu « indépendant » n’a jamais été aussi flou qu’aujourd’hui. Sorties multi-support, utilisation de technologies de grande qualité et promotion en grande pompe sur Steam, Xbox et PlayStation ne sont plus incompatible avec la notion de « jeu indépendant ». Ce n’est pas un mal en soit, mais cela brouille la frontière entre une philosophie qui s’opposait aux modèles de l’industrie et des jeux qui en utilisent les technologies et le système de communication.