Si vous avez suivi notre live sur Battlefield V, vous savez déjà que je n’en pense pas que du bien. Très orienté sur le multijoueur que je me garderai bien de commenter, le jeu semble oublier de satisfaire ceux qui attendent d’un titre de ce calibre une histoire, une expérience, bref, une campagne mémorable.

À sa sortie, le mode solo comptait 4 missions dont une faisant plus office de cinématique d’introduction interactive que de véritable niveau de jeu. Pour une raison que j’ignore, Electronic Arts a fait le choix de proposer une cinquième mission le 4 décembre dernier. Pourquoi ne pas l’inclure dans le jeu avec les autres ? J’ai ma petite idée sur la question mais nous y reviendrons plus tard. N’ayant pas pu terminer la campagne, l’intérêt d’un papier à son sujet me paraissait limité. En définitive, maintenant que j’en ai vu le bout, je peux vous dire qu’il y a bien peu de chose à se mettre sous la dent. Pas d’article donc, mais ce billet d’info !

Techniquement au top

Pour commencer par les points positifs, disons-le immédiatement : le jeu est tout simplement magnifique. La direction artistique réaliste et moderne sublime la Seconde Guerre Mondiale qui n’a jamais paru si actuelle. Pas de plans monochromatiques et d’environnements oscillants entre le marron et le gris, DICE dépeint ici une vision très moderne de la Seconde Guerre mondiale qui permettra à tous les joueurs de se sentir immédiatement concernés par le récit narré.

Animations, jeux de lumière, textures, modèles 3D, tout est irréprochable à condition d’être capable de pousser le jeu au maximum. Le rendu visuel somptueux n’a d’égal que le sound design, incroyablement riche et immersif. La bande son du jeu donne de l’épaisseur à l’image grâce à des compositions dignes des meilleurs bandes originales du cinéma. Techniquement et artistiquement, rien à redire, c’est impeccable.

Jeu vidéo ou film interactif ?

Dommage que le reste ne parvienne pas à suivre. La totalité de la campagne se termine en cinq heures dont un bon tier composé de cinématiques. Très agréables à regarder, elles finissent néanmoins par casser le rythme du jeu sans véritablement dévoiler les tenants et aboutissants des différentes histoires présentées. Le gameplay est maîtrisé mais trop linéaires, tout comme les objectifs. Conduire un char, récupérer des documents, détruire des objectifs au sein des camps ennemis, tout ça se répète inlassablement tandis que l’intelligence artificielle des ennemis multiplie les ratés. Les niveaux de difficultés servent uniquement à augmenter le niveau de vie et de précision des soldats qui vous font face sans toutefois les rendre moins idiots.

Finalement, on en vient à regretter la présence Battlefield 1. Varié, riche et ancré dans le réel, le jeu parvenait à tenir le joueur en haleine tout en l’amenant à en apprendre plus sur les évènements de la première Guerre Mondiale. Par paresse, Battlefield V ne réussit jamais vraiment à intéresser.

Joueurs du solo, passez votre chemin

Difficile de justifier la présence du mode solo dans Battlefield V. Du temps et de l’argent ont manifestement été investi dans son développement mais le résultat sert plus les trailers du jeu que l’expérience finale. Concernant la mise à disposition ultérieure du dernier chapitre, je soupçonne également DICE d’avoir voulu prendre le temps de corriger quelques bugs gênants sans toutefois avoir réussi à les faire totalement disparaître. Enfin, l’épilogue vite expédié n’apporte absolument rien au solo si ce n’est de la frustration. Il y avait pourtant matière à faire de grandes choses grâce aux éléments de contexte, dommage que l’exécution soit fainéante et déséquilibrée.