Oui, Crysis a 11 ans cette année. Pour une raison que j’ignore, j’ai eu besoin d’y jouer. En réalité, depuis la sortie de Battlefield V, les choses deviennent compliquées du côté des FPS à gros budgets. L’idée d’un mode solo s’en est allée bien loin tandis qu’au fil de mes recherches, je ne peux que constater que de nombreux jeux de tir à la première personne offraient une expérience incroyable il n’y a pas si longtemps pour un joueur seul.

Battlefield, Call of Duty, Medal of Honor ou encore Far Cry, toutes sont des licences culte trouvant leurs origines au début des années 2000. En 2007, la compagnie Crytek, à l’origine de Far Cry, livre un jeu inattendu et bouleversant : Crysis. À l’époque, l’exploit technique est à peine croyable. Crysis arrivera avec une proposition visuelle et sonore en avance sur son temps qui mettra à genoux les PC de l’époque. Tout le monde a bien évidemment crié au génie, moi compris, y voyant une promesse d’avenir auréolée de jeux vastes et splendide. Seulement voilà, s’il suffisait qu’un jeu soit ouvert et beau pour être bon, 2018 aurait été la meilleure année de l’Histoire du jeu vidéo.

Crysis est un jeu catastrophique

Oublions les paillettes et la technique pour nous concentrer sur le jeu lui-même. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : il est abominable. Passons sur le fait qu’EA l’ai vendu comme un jeu d’action alors qu’il s’agit clairement d’un titre d’infiltration et examinons le reste.

Toutes les sensations en jeu sont très bien rendues. Les sauts, la course, les tirs, l’immersion fonctionne vraiment bien et il est agréable de jouer à Crysis. Seulement voilà, dès qu’il est question de progresser dans le jeu, les choses se gâtent. L’intelligence artificielle est d’une stupidité exceptionnelle en plus d’être très agressive et le jeu vous inonde d’ennemis dès que vous êtes repéré. Avec votre combinaison du futur et vos supers-pouvoirs, vous allez passer votre temps à vous cacher dans les buissons et à faire de la randonnée. Merci, mais non, ça ne m’intéresse pas.

Les bugs en jeu se chargent de faire le reste. Jeu qui plante, évènement de l’histoire qui ne s’active pas, Crysis ressemble plus à un bac à sable géant auquel on aurait maladroitement plaqué une scénario invraisemblable qu’un jeu vidéo à gros budget. Pour que vous imaginiez la catastrophe dans sa globalité, essayez d’envisager qu’en mode facile, j’ai dû activer les munitions infinies, la vie infinie et les pouvoir de combinaison illimité pour espérer voir la fin de la campagne. Même en faisant ça, le jeu fait absolument n’importe quoi et bloque régulièrement votre progression en déployant l’ensemble de l’armé Coréenne instantanément sur votre position. C’est absurde, frustrant et parfaitement inintéressant.

La technique ne fait pas tout

Je ne consacrerai pas d’article à Crysis parce que je n’ai rien à dire dessus. Progresser implique de tuer tout ce qui bouge sans jamais le pouvoir. Aucun rebondissement, aucune surprise et un scénario lamentable à base de coréens souhaitant récupérer une mystérieuse source d’énergie extraterrestre. Faute d’un contexte scénaristique solide et d’une raison d’exister, Crysis se perd dans ses incohérences de gameplay pour rapidement lasser.

11 ans après, le jeu reste une prouesse technique. Néanmoins, il est temps de rétablir la vérité, il était franchement nul et n’aurait jamais réussi à exister sans ses graphismes. Tout n’est pas noir pour autant puisqu’il définira des standards techniques bien appréciables pour les AAA modernes, un héritage que nous apprécions tous aujourd’hui.