La dernière fois que j’ai joué à Sonic, c’était en 2011 avec Sonic Generations. Le jeu m’avait fait une excellente impression et j’ai supposé que SEGA continuerait dans ce sens en proposant de nouveaux opus plus jolis, plus agréables à jouer et capables de respecter les anciens joueurs comme les nouveaux. Ne possédant pas de WiiU, j’ai laissé passer les jeux suivants, à peine conscient de la sortie de Sonic Lost World et Sonic Boom.

L’année dernière, Sonic Forces a trouvé le chemin de tous les systèmes modernes avant de finir en fin d’année dernière dans un Humble Bundle. Intrigué, j’ai finalement opté pour l’achat, curieux de découvrir ce que Sonic avait bien pu devenir 7 ans après Generations.

Sonic Forces, 3 heures de jeu à 40€

Commençons par la fin avec Sonic Forces. Je n’attendais évidemment pas de miracle, créer un bon jeu prend du temps et le hérisson bleu revient de loin. En revanche, je n’avais jamais été si perturbé après avoir fini un jeu, incapable de dire s’il est bon ou mauvais. Jugez vous-même, moi, j’hésite encore.

Un scénario surprenant

Le docteur Robotnik veut une fois de plus s’emparer des Chaos Emerald pour devenir… Ah non, pas du tout. Les Chaos Emerald ne sont même jamais évoqués dans cet opus et Robotnik y tient une place tout à fait secondaire. En réalité, le scénario, sans être brillant, a le mérite de sortir de la routine molle et prévisible déjà recyclée dans les jeux précédents. Ici, vous affrontez Infinite, un mystérieux guerrier masqué au service de Robotnik qui va vaincre Sonic dès leur première rencontre. Le jeu commence donc par la mort du héros. Vous ne l’aviez pas vu venir, n’est-ce pas ?!

Créez votre héros

C’est là que la Résistance s’organise et qu’un nouveau système de création d’avatar fait son apparition. Vous créez votre héros en choisissant son apparence mais aussi son type. Ours, lapin, chat, hérisson et d’autres animaux peuvent vous servir de base pour façonner votre personnage. Bien que l’outil soit sympathique, je n’ai jamais réussi à donner l’apparence que je voulais à mon avatar. Les vêtements proposés me semblent dépareillés et j’ai finalement préféré le laisser tout nu tout au long de l’aventure plutôt que de lui faire porter n’importe quoi. Après tout, Sonic n’a jamais porté de vêtements et je ne crois pas que ça dérange qui que ce soit ! Une fois terminé, votre nouvelle recrue va devoir enquêter sur les agissements de Robotnik.

Artistiquement, c’est vraiment top

Vos recherches vous mèneront dans différents lieux, chacun faisant office de niveau. La SONIC TEAM a tout donné pour concevoir l’univers de Sonic Forces qui s’avère riche, vaste et extrêmement détaillé. Les graphismes, dans l’ensemble, sont très flatteurs pour les yeux, tout comme les animations. Evidemment, ça va vite, très vite même, et on ne peut que saluer les efforts de mise en scène qui donnent du cachet et de la profondeur à ce monde que l’on souhaite vraiment découvrir.

La musique justifie l’achat du jeu, tout simplement

J’ai rarement entendu une bande-son aussi fraîche et moderne que dans Sonic Forces. Avec ses 3 heures trente de musiques originales, le jeu réussi à brasser tous les styles sur fond de musique électronique si typique de la licence. Tantôt fun, épique ou inquiétant, la musique et l’ensemble du sound design justifient à eux seuls l’achat du jeu. Rendez-vous sur YouTube ou Spotify pour découvrir tout ça, vous m’en direz des nouvelles !

Quelqu’un a vu le gameplay ?

Passé les aspects artistiques et techniques, le gameplay déçoit. Enfin, les niveaux en 3D sont bien construits et agréables à parcourir, heureusement d’ailleurs. Pour le reste, les phases en 2D avec Sonic classique (qui fait son grand retour) ont tendance à hacher le rythme sans proposer quelque chose de convaincant. Le cœur n’y était clairement pas et l’on regrettera que l’équipe de développement n’ait pas consacré plus de temps aux niveaux en 3D.

Puisque c’est bien là que le bât blesse : le temps. Les niveaux de Sonic Forces se terminent en moyenne en 2 minutes trente. Reste les cinématiques, les phases de dialogue sans réel intérêt et les quelques 30 niveaux proposés par le jeu. Le tout vous tiendra en haleine entre 3 et 4 heures selon la difficulté choisie et votre capacité à progresser. Le jeu n’est vraiment pas compliqué, même en mode difficile, et vous n’aurez absolument pas envie d’y revenir une fois terminé.

Bref, si l’univers est intéressant, il faut se rendre à l’évidence : Sonic Forces est une déception tant il est frustrant d’en voir la fin si vite. Pourquoi ne pas avoir plus approfondi les personnages ? Pourquoi les niveaux bonus sont-ils si peu intéressants ? Quelqu’un va-t-il réellement rejouer à tous ces niveaux uniquement pour débloquer de nouvelles tenues pour son avatar ? Tout ça ne marche définitivement pas.

Sonic Lost World, portage low cost d’un jeu sans saveur

Dans mon pack de jeu se trouvait également Sonic Lost World, un titre sorti initialement sur WiiU, qui, sans que l’on ne sache vraiment comment, a fini par atterrir sur PC. Si l’on passe sur les menus vraiment vilains du jeu, on ne peut que constater qu’une fois la partie lancée, le fun s’évapore. Manifestement destiné à un très jeune public, tout est lent, très lent même ! Plus proche d’un Mario que d’un véritable jeu Sonic, on s’ennuie très vite tant la difficulté est inexistante. Enfants comme adultes, difficile d’imaginer quelqu’un s’amuser avec ça.

Du coup, que se passe-t-il ?

Manifestement beaucoup de choses, puisque SEGA a décidé de soutenir Sonic Mania tout en proposant un jeu comme Sonic Forces l’année passée. Proposer la nouvelle formule avec une technique de pointe et du jeu classique en 2D pour les joueurs amateurs de rétro, l’idée est séduisante. Dans les faits, l’effort tient plus du soubresaut inattendu que d’une démarche de fond visant à relancer Sonic dans la bonne direction.

Essayons d’être optimiste, Sonic a un gigantesque potentiel et SEGA a encore la capacité de proposer des titres attrayants que l’on a envie de découvrir. J’ai à peine parlé de Sonic Mania, mais cette itération 2D vaut le détour s’il on apprécie le jeu tel qu’il était avant 2000. À ne pas mettre dans toutes les mains, donc. Si le hérisson bleu poursuit ses efforts et tente des choses malignes comme l’avait fait Generations, je ne peux que m’enchanter de ce que les prochains jeux de la franchise pourraient donner. Les prochains jeux, j’ai dit, ne me parlez pas du film épouvantable qui doit bientôt sortir !