Le début de la génération de consoles courante a été marqué par un revirement de situation tout à fait singulier pour la Xbox One. Cette dernière, prévue initialement pour être utilisée avec Kinect et sans lecteur de disque finira tronquée de sa caméra de profondeur et munie d’un lecteur Blu-Ray 4K. Définitivement trop en avance sur son temps, Microsoft n’en a pas oublié son objectif premier pour autant et profite de cette fin de génération pour tester le marché avec une machine proche de sa vision initiale : la Xbox One S All-Digital Edition.

Quoi de neuf ?

Pour ainsi dire, peu de choses. La Xbox One S ADE embarque 1To de stockage tout en étant compatible 4K et HDR. Tous les jeux Xbox One fonctionnent dessus, les abonnements et les accessoires également. En un mot comme en mille, c’est une Xbox One S.

L’unique différence de cette nouvelle version, c’est l’absence de son lecteur Blu-Ray 4K. Ce qui signifie que les jeux sur support physique ne sont pas pris en charge par cette édition de la Xbox One.

Une première vague de réactions négatives

Depuis son annonce, les remarques négatives n’ont cessé d’affluer sur le web. Produit mort-né, initiative idiote, concept dénué d’intérêt et autre qualificatifs bien peu flatteurs n’ont pas manqué de fleurir sur les réseaux sociaux et les sites spécialisés.

Mais pourquoi donc ? Certes, il s’agit de la première console de salon sans support physique et cela risque de faire peur à de nombreux joueurs adeptes de ce support aujourd’hui. Néanmoins, en considérant l’écosystème Xbox plus globalement, cette console pose-t-elle tant de problème que cela ?

Une console dans l’ère du temps

Netflix, Spotify, Android, ces services et outils ont remplacés la location de vidéo, l’achat de morceau de musique ou d’appareil photo pour des millions d’utilisateurs. Personne ne semble pourtant s’en plaindre et cela a également permis à un plus grand nombre de personne d’accéder à ses services à des coûts raisonnables.

Pour parler du secteur du jeu vidéo, est-il nécessaire de rappeler que les joueurs PC ont déjà transité vers la dématérialisation de leurs titres favoris ? La plupart des éditeurs ne proposent plus leurs titres en boîte aujourd’hui tant le phénomène est rependu. Steam, Origin, Microsoft Store et tous les autres revendeurs digitaux sont les acteurs d’un grand combat qui n’aura de toute façon pas lieu sur le support physique.

Des services qui vont dans la même direction

Pour profiter des fonctionnalités de Xbox, le passage au support dématérialisé est obligatoire. L’exemple le plus représentatif est Xbox Play Anywhere. Les jeux compatibles peuvent être joué sur Windows 10 et sur Xbox One en ne passant à l’achat qu’une seule fois. De cette manière, tous les joueurs peuvent se retrouver, sans tenir compte de leur support.

Le Xbox Game Pass et le Xbox Live GOLD vont également dans cette direction. Les jeux du catalogue sont tous dématérialisés et dépendent du bon fonctionnement de Xbox Live. Il en va de même pour la rétrocompatibilité, permettant d’exécuter des jeux Xbox et Xbox 360, téléchargés depuis Xbox Live, que vous possédiez le DVD original ou non.

Les consoles actuelles sont conçues pour le dématérialisé

Faites une expérience simple si vous en avez l’occasion. Achetez un jeu en boîte sur votre PlayStation 4, votre Switch ou votre Xbox One. Que vous soyez connecté à internet ou non, la console commencera par installer le jeu sur la mémoire de la machine. Et il est probable dans le cas de la dernière console de Nintendo que vous soyez obligé d’accéder à internet pour installer les données n’ayant pas pu figurer sur la carte SD.

Dans tous les cas, les supports physiques atteignent leur limite à l’heure où les jeux peuvent peser jusqu’à 200Go dans les cas les plus extrêmes. Un souci que le support physique ne peut pas solutionner facilement. Sur Xbox One et PS4, les jeux doivent être installés sur la console pour se lancer, le DVD ne servant finalement qu’à vérifier que vous possédez toujours un exemplaire authentique. Les mise à jour, de leur côté, ne sont disponibles qu’en ligne et nécessiteront de toute façon un accès à internet.

Conséquence de ce phénomène, les joueurs adeptes des boîtes doivent acheter une carte SD ou un disque dur externe… Tout comme ceux qui possèdent leurs titres en version dématérialisé. En l’état, difficile donc de voir l’intérêt du lecteur Blu-Ray 4K d’une Xbox One, puisque dans de nombreux cas, passé l’installation, le DVD ne sera plus d’une grande utilité.

Un flop terrible pour Microsoft ? Et alors ?

Nous arrivons à la fin de cette génération et l’E3 2019 a lieu dans un peu plus d’un mois. Il ne fait aucun doute que la période est propice aux essais sans que les répercussions ne soient importantes. Vous souhaitez acheter une Xbox One S avec un lecteur ? Faîtes-le et profitez-en ! Vous souhaitez économiser un peu d’argent à l’achat et n’avez pas besoin du lecteur de la console ? Achetez une Xbox One S All Digital, vous pourrez jouer à Minecraft, Forza Horizon 3 et Sea of Thieves puisqu’ils sont préinstallé sur la console.

Pour Microsoft, il s’agit d’une tentative sans conséquence. Le public n’est peut-être pas prêt mais il est toujours bon de constater qu’un test grandeur nature a lieu pour le démontrer. Les joueurs ont toujours le choix et se voient proposer une autre alternative, alors finalement pourquoi pas ?

L’avenir ne sera pas physique

Les catalogues de jeu tel le Game Pass et l’arrivée du cloud gaming démontrent bien que les joueurs n’ont plus peur de la dématérialisation à grande échelle. Il n’empêche que certains d’entre eux ne souhaitent pas encore quitter le support physique et ne seront nullement contraint de le faire… pour le moment tout du moins.

En définitive, nous nous dirigeons vers une ère de divertissement dématérialisé. Il appartient à chacun en fonction de son accès à la fibre optique, son attachement au support physique et le nombre de jeux à acheter s’il est temps ou non de transiter vers les supports numériques.