« J’ai horreur des jeux en ligne ». Voilà la phrase que je répète depuis des années à quiconque me propose une partie de League of Legends, Fortnite ou tout autre jeu ne proposant aucune expérience avancée en solitaire. Plus simplement, je n’apprécie pas que mon expérience de jeu soit conditionnée par d’autres individus. Jouer me permet d’explorer un univers dans un cadre rassurant, maîtrisé, où l’équipe de développement a (normalement) tout mis en œuvre pour assurer la meilleure expérience de jeu possible. Jouer avec d’autres joueurs, c’est se confronter à des comportements inattendus qui peuvent faire basculer cet environnement sécurisé. Voilà en quelques mots ma position sur ce que j’aime appeler « les jeux en ligne ».

Récemment, j’ai fini par m’ouvrir au genre grâce à des titres comme Forza Horizon 4 ou Sea of Thieves, limitant les interactions au strict minimum avec les autres joueurs. Rien ne m’avait préparé à Overwatch, un jeu tout à fait savoureux sur lequel je dois admettre que j’avais de nombreux préjugés.

« Tu devrais jouer à Overwatch »

J’ai entendu ce refrain des dizaines de fois de la part de mes proches. Persuadé de ne pas avoir réussi à leur faire comprendre mon aversion pour le jeu en ligne, je me bornais donc à répéter que je n’aimais tout simplement pas ça. Finalement, au détour de plusieurs discussions sur le sujet, j’apprends que le jeu a quelque chose à raconter et qu’outre le côté FPS compétitif, plusieurs façons de jouer existe, certaines n’impliquant même pas de savoir viser.

Intrigué, je promettais de jeter un œil sans jamais prendre réellement le temps de m’y consacrer. Finalement, après une énième relance et avec un peu de temps libre, je prends la décision de partir à la découverte du jeu de Blizzard.

« J’ai horreur de Blizzard »

Oui, je sais, je n’aime pas grand-chose. L’univers de Blizzard ne me parle absolument pas et je dois reconnaître que des franchises comme Warcraft ou Diablo me laissent parfaitement indifférent. C’était ma première crainte en jouant à Overwatch, retrouver la « patte » Blizzard qui me déplaît tant, à base de personnages démoniaques, d’héroïque-fantasy avec une touche Call of Dutiesque. Un genre d’enfer sur Terre qui serait l’ultime rencontre entre Activision et Blizzard. Heureusement, je me suis largement trompé. 

Overwatch n’est pas ce que j’avais imaginé

Si l’influence de l’univers Blizzard est bien présente, Overwatch est un jeu accessible, dynamique et coloré. Le nouveau venu que je suis a été pris par la main dès les premiers instants pour un tutoriel aussi bref qu’efficace. 10 minutes après avoir lancé le jeu, j’étais prêt à découvrir les différents héros du jeu. 

C’est cette simplicité apparente qui m’a permis de ne pas quitter le jeu au bout de 3 minutes. Les bases d’un FPS classique sont là sans la foultitude d’armes, de pouvoirs incompréhensibles et de combinaison de touches à mémoriser. Le jeu est d’abord accès sur la capacité du joueur à comprendre comment tirer parti de son héro efficacement. 

Pour simplifier la tâche du joueur, un mode entraînement contre l’intelligence artificielle du jeu est disponible. Pour ceux qui ont besoin de temps comme moi, il est même possible de jouer n’importe quel héro dans un mode permettant de découvrir ses capacités sans contraintes de temps ou d’ennemi. En d’autres termes, chacun pourra prendre le jeu en main à son rythme pour s’entraîner avant de sauter le pas du jeu en ligne. 

La démarche est d’autant plus appréciable que tout cela est très bien amené au joueur débutant. Le tutoriel démarre seul, la zone de découverte des héros se charge dès l’apprentissage terminé puis le jeu lance automatiquement un match contre l’intelligence artificielle. Ceux qui veulent être guidés pas à pas le peuvent, les autres n’auront qu’à revenir au menu principal pour entrer dans le vif du sujet. 

Des matchs en ligne accessibles immédiatement

Là encore, dans un souci d’accessibilité, le jeu propose différents modes du plus simple au plus spécifique. Le cœur du jeu réside dans les parties classées qui ne seront accessibles qu’une fois le niveau 25 atteint. Cela implique qu’un nouveau venu comme moi ne pourra pas y accéder avant d’avoir fait ses armes dans les autres modes de jeu. Là encore, la frustration de se trouver face à des joueurs bien trop forts pour finir ensuite dernier dans le classement n’existe plus. 

Naturellement, les parties en ligne n’ont rien d’une promenade de santé et ma première tentative s’est soldée par un échec. Cette défaite collective ne m’a pas laissé un sentiment de montagne insurmontable ou de difficulté mal dosée. J’ai compris pourquoi les meilleurs joueurs de la partie ont gagné et ce que je devais faire pour m’améliorer. Le jeu prend le temps de confronter les joueurs entre eux sans jamais les brusquer, une démarche que je tiens à saluer. 

Tout n’est pas rose pour autant

J’apprécie la difficulté progressive, l’accessibilité du titre et son univers bien moins Blizzardien qu’à l’accoutumée. Il n’en reste pas moins qu’Overwatch demeure un shooter compétitif ce qui fini inévitablement par me poser un problème. Cela n’en fait pas un mauvais jeu mais simplement un titre sur lequel je ne reviendrai sans doute pas.

Le premier point réside dans la façon dont l’histoire du jeu est narrée. Là où j’aurai préféré un mode campagne avec des missions et une histoire me préparant au multijoueur, Blizzard fait le choix de raconter son histoire au fil de l’eau au travers de conférences, de vidéos et d’évènement. Je respecte cette décision mais n’y adhère absolument pas. J’aime me plonger dans l’univers d’un jeu le temps de son histoire pour m’y consacrer totalement. Puis, lorsque la fin arrive, passer à autre chose et recommencer. Je ne peux tout simplement pas suivre une histoire diluée dans le temps qui m’oblige en plus à suivre une multitude de conférence et à faire des recherches en ligne.

D’autre part, il semble que le jeu soit clairement pensé pour être joué en équipe, ce qui signifie avoir des amis possédant le titre et du temps pour jouer tous ensemble. Je n’ai aucune intention de monter dans les classements du jeu, la compétition de m’intéresse pas. Lorsque je joue avec des amis, je préfère de loin la détente de Sea of Thieves ou de Forza Horizon 4 qu’une coopération pour venir à bout de l’équipe adverse, quelque soit le jeu. Là encore, les goûts et les couleurs, mais il en faut pour tout le monde !

Jouez à Overwatch

Pas de modèle free to play, un système de jeu solide et accessible, de la coopération et une direction artistique très agréable, voilà comment je résumerai Overwatch après quelques heures de jeu. J’ai la certitude que je n’y retournerai pas mais l’expérience m’a convaincu de le recommander pour tous ceux qui apprécient le genre ou qui chercherai un jeu de tir à partager avec des amis. Bravo à Blizzard et merci à tous ceux qui m’ont recommandé de lui donner sa chance, l’expérience vaut clairement le coup.