Voilà bientôt 40 ans qu’il sauve la même princesse des griffes de vilains kidnappeurs, je veux bien entendu parler de Mario. Véritable ambassadeur du jeu vidéo et icône de la culture populaire, je ne vous ferai pas l’affront de vous le présenter. En revanche, j’aimerai prendre le temps de vous parler de sa dernière aventure sur Nintendo Switch : Super Mario Odyssey. Le jeu se présente comme une transition du modèle classique des opus en 3D avec une large vision d’avenir clairement commune avec celle du dernier Zelda.

Cappy, le nouvel acolyte de Mario

Passons sur le scénario qui consiste une fois de plus à capturer la princesse Peach pour entrer directement dans le vif du sujet. Mario va faire connaissance avec un personnage singulier dès le début de son aventure : Cappy. Ce dernier va permettre au plombier de profiter du pouvoir de prendre le contrôle de ses ennemis. Lancer cette casquette sur un goomba et vous pourrez, pour la première fois dans l’histoire des jeux Mario, l’incarner. Ce mécanisme simple introduit une variété de gameplay tout à fait impressionnante puisqu’en plus des êtres vivants, certains objets deviendront eux aussi jouables.

Dinosaure, voiture télécommandé, grenouille de l’espace et plus 50 transformations vous attendent tout au long de l’aventure qui vous occupera au bas mot une vingtaine d’heure pour espérer clôturer l’histoire principale. Le rythme de cette histoire est d’ailleurs relativement peu intéressant puisque Mario va passer de monde en monde pour résoudre les problèmes causés par Bowser. Les missions manquent parfois de consistance mais le gameplay réussi à capter l’attention du joueur malgré tout.

Collecter (énormément) de lunes 

Dans le monde de Mario, les étoiles symbolisent la puissance et le pouvoir. Nintendo décide ici de trancher avec cette habitude en permettant à son personnage de voyager audelà de son univers connu. Pour le symboliser, les étoiles à collecter sont remplacées par des lunes de puissance à collecter dans les différents mondes. Seul le royaume champignon propose toujours la collecte d’étoile. 

Leur nombre est impressionnant puisqu’il faudra compter en tout 999 lunes à collecter dans l’ensemble du jeu. Les 150 premières s’obtiennent en jouant à l’histoire mais les autres seront à collecter une fois Bowser vaincu. Ce nombre est énorme mais ne vous y trompez pas, chaque lune ne correpond pas à un niveau de jeu comme vous pourriez vous y attendre. 

Certaines s’obtiennent en suant eau et sang tandis que d’autres sont tout simplement cachées dans le décor. Mario Odyssey cherche donc son équilibre entre AAA à consommer chez soi dans son salon et session courte de jeu en déplacement. Le résultat fonctionne plutôt bien mais semble parfois très artificiel. Une certe redite s’installe fatalement après plusieurs heures de jeu. 

Techniquement, c’est étonnant 

La Switch est très capable, cela n’a plus besoin d’être démontré. Super Mario Odyssey pousse la machine dans ses retranchements, peut-être un peu trop parfois, pour afficher des graphismes très agréable la majorité du temps. Les mondes, très variés, ne se valent pas tous en termes de direction artistique comme de réalisation technique. Certaines cartes semblent parfois un peu vides tandis que les textures ne sont pas systématiquement à la hauteur d’un jeu de cette envergure. Pas de quoi rebuter le joueur pour autant, mais les limites sont visibles. 

Cela étant dit, le jeu réussi à offrir une variété étonnante dans ses environnements et ses ambiances. De très nombreux personnages peuvent être rencontrés et chaque environnement a sa propre façon de fonctionner. Le monde de la cuisine impliquera par exemple de prendre le contrôle d’une boule de feu pour atteindre la majorité des zones de jeu tandis que la ville, très verticale, vous demandera d’opérer de nombreuses acrobaties. Voler, nager, sauter en 2D et en 3D s’intègrent parfaitement dans chaque environnement et c’est bien là toute la force du titre. Les univers ne sont pas que des ambiances mais justifient des changements de gameplay très bien amenés. 

Deux monnaies, deux boutiques 

Pendant vos pérégrinations, vous collecterez un nombre conséquent de pièces. Ces dernières ne vous redonneront pas de point de vie mais vous permettront d’acheter divers items dans les différentes boutiques du jeu. Essentiellement cosmétiques, ces achats permettent à Mario de changer de tenue mais aussi, plus rarement, de récupérer des lunes. 

Une autre monnaie, violette cette fois-ci, pourra être collectée dans chaque monde. Cette monnaie permet d’acheter des éléments spécifiques à l’univers visité qui s’apparenteront à ceux obtenu grâce aux pièces classiques. 

Une odyssey qui laisse songeur 

Super Mario Odyssey est d’abord un jeu d’exploration. Chercher, creuser, tester permettent de progresser sans réel obstacle, tout du moins au début. La difficulté monte en flèche lorsque le joueur creuse sans jamais devenir inutilement punitive. Le jeu sait récompenser la prise de risque et la mort n’est jamais vraiment une fin en soi. Dans cet univers où Mario ne semble jamais vraiment à sa place, Nintendo explore le champ des possibles sans jamais oublier que sa recette fonctionne grâce à de nombreux gameplays tous très maîtrisés. Le moindre parcours d’obstacle se transforme en défi et la pléthore d’activités proposées est au final très agréable. 

Seul ou à deux, il s’agit assurément d’un titre à essayer, ne serait-ce que par curiosité !