Après le succès retentissant de Planet Coaster, il était impensable pour Frontier Developments de ne pas poursuivre ses efforts. Durant trois ans (oui, déjà), l’éditeur a proposé de nombreuses mises à jour gratuites et payantes à l’ensemble de sa communauté. Les amateurs de gestion n’ont cependant pas manqué de relever le manque de profondeur du management financier, humains et marketing au sein du titre. 

Fort heureusement, la leçon semble avoir été retenue, puisque le nouveau jeu de Frontier, Planet Zoo, est vraiment au poil (sans mauvais jeu de mot) sur le sujet. En reprenant l’impressionnant système de création de Planet Coaster et en y ajoutant une couche de gestion supplémentaire, il semblerait que les développeurs anglais aient finalement créés une expérience pour tous. À l’occasion de la beta fermée, je viens vous présenter cette simulation de gestion de zoo à deux mois de sa sortie. 

They see me buggin’, they hatin 

Commençons par ce qui fâche, cette beta est pleine de bugs. Rien d’étonnant à cela puisqu’il s’agit de la dernière phase du jeu avant d’être disponible dans le monde entier. Gageons donc que les animaux volent, passent au travers de leurs clôtures ou font une grève de la faim spontanée jusqu’à la mort, sont autant de bugs qui ne ne seront qu’un « amusant » souvenir d’ici le 11 novembre.  

Qui plus est, aucun de ces problèmes n’entachent gravement le jeu. Il y a de l’agacement lorsque la foule semble être bloquée par un obstacle invisible ou qu’un mécanicien passe à côté d’une machine défectueuse sans s’arrêter pour la réparer, mais finalement, il reste tout à fait possible de créer un zoo prospère et ambitieux. 

Enfin, les bugs semblent surtout toucher les aspects inhérents à la gestion d’un zoo. Comprenez par-là que les éléments du moteur de jeu hérités de Planet Coaster sont à l’image du titre : exempts de problèmes. 

Un Planet Coaster bis ? Pas du tout ! 

Planet Zoo est un jeu à part entière. On pouvait craindre d’y trouver un simple copier-coller de Planet Coaster, mais il n’en est rien. Le jeu a conservé sa boîte à outils ultra-complète et les systèmes basiques tels que la création d’allées, le placement ou la création de bâtiment et la terraformation sont identiques à ce que nous connaissions auparavant. Tant mieux, ces systèmes fonctionnaient très bien et ils ont même reçu un petit coup de polish. Ainsi, il est maintenant possible de voir au travers de la plupart des bâtiments comme le centre du vétérinaire et les outils de terraformation intègrent des patrons prédéfinis pour créer des portions de terrains d’une forme spécifique. 

Pour le reste, tout a été revu à commencer par la boucle principale de gameplay. Je mets volontairement de côté le mode bac à sable, indisponible dans la beta, pour me concentrer sur la campagne et le tout nouveau mode franchise sur lequel je reviendrai plus tard. 

Bref, dans Planet Coaster, une partie classique (comprenez un parc vide avec une somme d’argent limitée) commençait par la création de quelques attractions et le placement d’une ou deux boutiques. Il suffisait ensuite d’engager un agent d’entretien et un mécanicien pour avoir un parc modeste mais relativement équilibré. Une espèce de base commune que tous les nouveaux parcs d’attractions partagent.  

Le mode franchise, une idée lumineuse 

Encore une fois, je précise que je me concentre ici sur le tout nouveau mode franchise de Planet Zoo, équivalent très lointain du mode défi de Planet Coaster. 

Les choses ne pouvaient être plus différentes dans Planet Zoo. Ici, vous devrez commencer par construire les bâtiments nécessaires à vos employés. En effet, il n’est tout simplement pas possible d’adopter un animal sans avoir les infrastructures prévues à cet effet. Une partie commencera donc systématiquement par le placement du centre d’échange, l’endroit magique où vous pourrez vous procurer de nouveaux animaux. Par procurer, j’entends au choix : acheter l’animal avec de l’argent ou l’adopter grâce à des crédits de conservation. Cette deuxième devise est obtenue de multiples façons :

  • Libérer des animaux dans la nature 
  • Envoyer votre avatar in-game visiter d’autres zoos 
  • Vendre des animaux via le centre d’échanges 
  • Jouer à Planet Zoo chaque jour 
  • Terminer les défis quotidiens, hebdomadaires, mensuels et communautaires 

Oui, Planet Zoo est un jeu connecté. J’arrête immédiatement tous ceux qui se sont précipités sur leur clavier pour hurler à la mort. Cette connexion n’est pas obligatoire et il est possible de profiter du mode franchise sans être connecté à internet à condition d’accepter de ne pas accéder aux défis et à la visite du zoo de d’autres joueurs. 

Donc, une fois le centre d’échange placé, il sera possible de consulter la liste des animaux disponibles puis de les adopter. L’ouverture d’un zoo en mode franchise coûte 100 crédits de conservation, soit la récompense journalière d’une connexion à Planet Zoo. Une fois l’animal adopté, il sera préférable de l’envoyer dans la zone de quarantaine afin qu’un vétérinaire l’examine pour vérifier son état de santé. La bestiole pourra ensuite rejoindre son enclos, transporté sur place par un agent d’entretien. 

À ce stade, vous l’aurez certainement compris, le cœur du jeu consiste à veiller au bienêtre des animaux avant tout. Vos visiteurs ont toujours besoin de manger, de boire et se reposer, mais tout cela sera bien moins impactant sur leur satisfaction que de voir des animaux malheureux, maltraités ou même morts. Enfin, les animaux n’étant pas des jouets, lâcher un lion au milieu de la foule ne provoquera pas le massacre escompté. Les visiteurs fuiront mais l’animal n’attaquera personne. 

Une gestion très épaisse 

En mode franchise, vous avez de multiples objectifs : créer une franchise de zoos rentables, missionner des équipes de recherches pour en apprendre plus sur les animaux disponibles, instruire vos visiteurs et les sensibiliser à la cause animale. Tous ces objectifs se traduisent par du gameplay. 

Votre rentabilité dépendra essentiellement des dons de vos visiteurs à votre zoo. Vous me voyez venir, personne ne donnera rien si vos bébêtes sentent le moisi.  

Mais en début de partie, vous n’aurez accès qu’à quelques objets de première nécessité pour vos animaux. Quelques abreuvoirs et mangeoires, de quoi construire des abris relativement simples et … c’est tout. Pour que vos protégés se sentent bien et que de nouveaux objets soient disponibles, il faudra les rechercher. Les recherches concernent tous les aspects de votre zoo de la création d’un nouveau thème, en passant par la production d’énergie et le développement de nouveaux objets pour vos protégés. Si vous ne cherchez pas, vous ne prospèrerez pas, et donc votre zoo ne sera jamais rien d’autre qu’une ferme un peu chic. 

Au fur et à mesure que vous découvrirez de nouvelles choses, vous pourrez sensibiliser plus largement et plus efficacement vos visiteurs aux défis qui entourent vos bestioles. Certaines sont menacées d’extinction, d’autres sont naturellement fragiles et certaines nécessitent de prendre des précautions infinies pour ne pas transformer une belle adoption en une catastrophe. Bref, vos visiteurs ne viennent pas voir des bêtes de foire, ils attendent de vous tous les efforts du monde pour que vos animaux soient heureux. 

D’ailleurs, comment rend-t-on les animaux heureux ? 

Nous touchons enfin au cœur du jeu. Vos animaux sont des êtres vivants et sont donc sensibles à autant de choses que la température, la qualité de l’eau, de leur habitat, de leur nourriture ou même aux interactions sociales. Contrairement à Zoo Tycoon qui, grossièrement, attendez de vous un enclos d’une certaine superficie avec de l’eau, du poisson et de la viande pour les carnivores, des fruits et des légumes pour les herbivores, les choses ne seront pas aussi simples dans Planet Zoo. 

L’habitat, pour commencer, est un sujet hautement technique. Vous devrez trouver l’équilibre entre la terre, l’herbe, l’eau, le sable et tout un tas d’autres types de terrain à votre disposition. Notez également qu’il est possible de placer de la neige dans les enclos mais qu’elle ne tiendra pas si vous ne maintenez pas une température suffisamment basse. Par l’intermédiaires de jauges inhérentes à chaque animal, vous pourrez contrôler la qualité de l’habitat. Certains animaux ont besoin de relief et d’un point d’eau, d’autres préfères de grandes étendues plates. À vous d’être observateur pour trouver le bon compromis. 

Enfin, chacun de vos pensionnaires a besoin d’un habitat à l’abri des regards indiscrets. S’il est possible d’utiliser les plans fournis par le jeu, rien de vous empêche d’en créer un de toute pièce à l’aide des outils de terrain ou de construction. 

Enfin, vos animaux ont besoin d’être stimulés. Cela passera par des relations sociales mais aussi des objets appelés « optimisations ». L’appartenance à un groupe dépend de l’espèce. Les autruches aiment vivre en groupe tandis que les tigres tiennent à leur espace personnel. Concernant les optimisations, elles sont rangées en plusieurs catégories et différeront selon l’animal. Les félins seront sensibles au fait de devoir croquer et griffer un objet pour trouver de la nourriture tandis que les lémuriens et les singes préfèreront escalader presque tout et n’importe quoi. 

En plus de tout ça, les animaux ont également un patrimoine génétique. Tous les zèbres n’ont pas les mêmes motifs, le même caractère, poids ou taille et cela aura un impact sur leur descendance. Si tout cela n’est pas encore suffisant pour vous convaincre de la profondeur de la gestion, sachez que vous devrez aussi gérer l’alimentation électrique du zoo, l’épuration de l’eau et la maintenance des enclos qui se dégraderont au fil du temps. Pas de quoi chômer, c’est moi qui vous le dis ! 

Une attente insoutenable, vivement le 11 novembre ! 

Planet Zoo s’annonce excellent, même avec seulement un tier de son contenu. De nombreux animaux, thèmes et environnement ne sont pas disponibles et le mode carrière ne permet que de jouer à la première mission. Je n’ai pas non plus parlé des vivariums et des espèces associés puisqu’il est possible d’adopter grenouilles, reptiles et araignées dans votre zoo et ils nécessiteront eux aussi beaucoup d’attention. 

Pour terminer, je pense qu’en un mot comme en mille, il suffit d’un coup d’œil à Planet Zoo pour se rendre compte de son incroyable potentiel. Si vous avez apprécié Planet Coaster et que vous aimez les animaux, il s’agit très certainement d’un titre fait pour vous. Disponible au tarif de 45€ en précommande sur Steam, il serait vraiment dommage de rater ce titre qui s’annonce comme une nouvelle référence tout en réussissant à se démarquer de son prédécesseur.