La vie est-elle un jeu ? Si vous faites partie des amateurs de jeux de simulation, la réponse à cette question est peut-être positive. Depuis 30 ans maintenant, les jeux de simulation ne cessent de voir le jour. Tout le monde connaît les classiques comme Sim City ou Les Sims, mais une nouvelle génération de « Simulator » a vu le jour il y a quelques années maintenant. Tous tournent autour d’un même concept : se plonger dans le quotidien d’un métier. Cuisine, Informatique, Maçonnerie, Agriculture, il y en a pour tous les goûts.

Gestion et simulation, deux genres bien distincts

Dans les années 90, les jeux comme Sim City étaient autant conçus autour de la gestion financière de la ville que la simulation des conséquences de vos actions. En d’autres termes, vous deviez être vigilant à la santé économique autant qu’à la réalité du terrain. Encore aujourd’hui, des titres comme Planet Zoo, Tropico, Les Sims ou Cities Skyline sont les grands représentants du genre.

Mais ce n’est pas d’eux dont j’aimerai vous parler. Les simulations pures et dures ont-elles aussi eu leurs heures de gloire, tout particulièrement dans les années 2000. Flight Simulator, X-Plane, Gran Turismo, Forza Motorsport, FIFA, Colin McRae Rally, TOCA Race Driver, Silent Hunter ou Virtual Skipper ne sont que quelques-uns de ces grandes franchises de jeux de simulation destinées avant tout à reproduire la réalité le plus fidèlement possible. Ici, pas ou peu de gestion financière mais des commandes souvent très poussées et un gameplay réservé aux plus patients.

Microsoft Flight Simulator X, sortit en 2006

Parmi les activités représentées, la course / le pilotage est en tête de liste. Le sport n’est pas en reste lui non plus mais se voit régulièrement simplifié afin d’atteindre un public plus large. Petit à petit, ces simulations entrent dans le paysage ludique de tous les joueurs, qu’ils les aiment ou non.

Les allemands s’en mêlent

Il faudra attendre novembre 2011 pour que la nouvelle génération de Simulator se lance en grande pompe. Les français de Focus Home Interactive proposent à l’époque Ski Region Simulator et Farming Simulator, deux jeux relativement moyens. Néanmoins, les champions incontestés du « Simulator » cette année, ce sont les allemands de UIG Entertainement.

Ici, il n’est pas vraiment question de gestion financière mais bien de se projeter dans la réalité d’un métier. Les titres sont nombreux et parfois franchement improbables comme Travaux Routiers Simulator, Tunnels Simulator, Ambulance Simulator ou encore Plateforme Pétrolière Simulator.

Pelleteuse Simulator, sortit en 2012

Vous ne rêvez pas, ce sont de vrais jeux et tous ont été commercialisés entre 10€ et 20€. Tous reposent sur des bases identiques : manipuler un ou plusieurs véhicules et accomplir une série de tâches répétitives. Les premiers retours sont particulièrement médiocres puisque la plupart de ces titres ont été développés rapidement et ne sont pas jouables. Outre la farandole de bug ou le gameplay improbable, il n’est pas rare que le joueur soit dans l’incapacité de progresser parce que le jeu n’a pas été terminé.

Les indépendants entrent en scène

Dès lors, le terme Simulator devient gage de médiocrité et certains indépendants s’en amusent à l’image de Goat Simulator en 2014. Partit d’une blague, le titre est rapidement devenu un phénomène puis un carton commercial. Il reprend tous les codes des « Simulator » d’UIG et les détournent en un défouloir aussi drôle qu’absurde.

Plus tôt, en 2013, Surgeon Simulator avait déjà lancé cette mode en proposant d’incarner un chirurgien maladroit. Les opérations se terminaient souvent en boucheries pour le plus grand plaisir des amateurs d’humour noir.

Ces titres, avec d’autres, ont poussé la mode des « Simulator » parodiques. De nombreux jeux ont surfés sur le phénomène sans jamais vraiment réussir à se démarquer des deux noms cités plus haut.

La nouvelle génération enfin qualitative ?

Après des années à se chercher, les « Simulator » parviennent finalement à accoucher de jeux plus convaincants. PC Building Simulator en est un très bon exemple. Ici, votre travail consiste à assembler et réparer des ordinateurs. Les constructeurs ont joué le jeu puisque des équipementiers comme Corsair, Asus ou Bequiet! proposent certains de leur produit en jeu. Intel, AMD et NVIDIA sont également de la partie.

S’il peut sembler limiter de prime abord, ce jeu indépendant propose une vraie expérience de montage PC sans toutefois avoisiner le métier de technicien informatique. Les composants sont bien représentés, le processus de montage correspond à la réalité et les pannes sont proches (mais plus simples) qu’en vrai. Vous gérez votre planning, vos clients et votre réputation en ligne. Un bel exemple de ce qu’il est possible d’accomplir.

D’autres titres optent pour une approche plus subtile comme House Flipper. Ici, vous incarnez un maçon, architecte, agent immobilier qui achète des maisons et les retapent de fond en comble. Si le terme « Simulator » n’apparaît jamais, le concept reste le même. Vous effectuez toutes les tâches de nettoyage, réparation, peinture et aménagement qui seraient à accomplir dans une vraie maison, te tout ayant été nettement simplifié pour rester fun.

House Flipper, sortit en 2018

Mais alors, quel « Simulator » valent le détour ? Si vous êtes prêts à y consacrer du temps, certains peuvent s’avérer très intéressants en plus de ceux cités plus haut :

  • Cooking Simulator, devenez chef de cuisine ou empoisonnez vos clients
  • Car Mechanic Simulator, incarnez un mécanicien et réparez des voitures
  • Euro Truck Simulator 2, conduisez des poids lourds à travers le monde
  • Thief Simulator, apprenez à voler vos voisins
  • Rover Mechanic Simulator, un poste d’ingénieur spatial vous attend

Finalement, il existe des « Simulator » pour beaucoup de choses. Ce sont vos goûts et vos envies qui détermineront ce qui vous intéressera vraiment.

Alors, pourquoi ont-ils la cote ?

Tout simplement parce qu’ils sont différents ! Tous ces jeux ne sont ni des jeux de tir, d’action, de course ou même de gestion. Ici, il n’y a pas d’histoire ou d’enjeux. Ces jeux sont comme un hobby que vous pouvez pratiquer chez vous en beaucoup moins cher. Bien sûr, vous n’apprendrez pas à cuisiner ou à monter un PC avec un jeu, mais le sentiment d’accomplissement, lui, est réel, et la charge mentale bien moins importante que sur des titres plus sérieux. Finalement, les « Simulator » sont une bouffée d’air frais à l’heure où chaque jeu veut vraiment retenir votre attention.