Les amateurs de simulation de vol le savent bien : les titres capables de satisfaire leur appétit pour les expériences réalistes de vol ne sont pas très nombreux. Flight Simulator X, XPlane 11 et Prepar 3D figurent parmi les plus populaires mais toutes datent de plusieurs années maintenant. Après de longues années de développement, Microsoft Flight Simulator renaît dans ce qui est à la fois la simulation de vol la plus complète mais aussi le tout premier jeu d’une nouvelle ère.

En préambule, j’insiste sur le fait qu’il s’agit bel et bien d’une simulation avant d’être un jeu vidéo. Si de nombreuses options d’accessibilité et d’assistance sont disponibles, il s’agit typiquement du genre de production à ne pas mettre entre toutes les mains. En effet, vous ne trouverez ici aucun ennemi, aucun objectif particulier et encore moins un scénario. Il s’agit d’une simulation pure et dure dans laquelle vous jouissez d’une liberté totale en matière de vol.

Lancer le jeu, un obstacle de taille

Le futur du jeu vidéo se trouve clairement dans les jeux en tant que service. Cela signifie qu’à l’image de Sea of Thieves, Forza Horizon 4 ou Grounded plus récemment, Microsoft Flight Simulator va continuellement s’enrichir au fil des mois. Le contenu de base est déjà conséquent mais Asobo a déjà prévu de proposer des fonctionnalités supplémentaires comme un mode VR.

Le premier obstacle dans ce type de production, c’est la taille du jeu. Ici, comptez 152 Go pour l’édition de base. Attention, ce volume de données ne diffère pas que vous jouiez ou non en ligne. En effet, Flight Simulator utilise le cloud Azure de Microsoft pour stocker en temps réel les données du monde entier que le jeu exploite lorsque vous jouez. Néanmoins, tous les calculs graphiques se feront au niveau de votre machine.

Les détails visibles à proximités de certaines villes sont impressionnants

En d’autres termes, vous aurez besoin de beaucoup d’espace de stockage, d’une connexion à internet rapide pour télécharger et décompresser les fichiers du jeu et d’un ordinateur très performant pour utiliser les meilleures options graphiques disponibles. À titre indicatif, sur une machine avec un i7-6700, 16 Go de RAM DDR3 et une GTX 1070, le jeu fonctionne avec les graphismes réglés sur « Haut ». Le mode « Ultra » s’adresse aux GPUs et aux processeurs plus récents.

Vous êtes nul en simulation de vol, moi aussi !

J’ai toujours été fasciné par Flight Simulator X. Plus jeune, j’avais même réussi à l’obtenir et l’installer sur l’ordinateur familial, plutôt performant pour l’époque. Le titre fonctionnait tout à fait convenablement mais je n’ai malheureusement jamais réussi à voler où que ce soit.

Dans cette nouvelle mouture, les néophytes enthousiastes (pour rester poli) sont les bienvenus. Asobo a pensé à tout avec des aides au pilotage discrètes mais efficaces ainsi qu’une série de tutoriaux vraiment bien conçus. Comptez un peu plus d’une heure pour effectuer votre premier vol en total autonomie. Croyez-le ou non, boucler un vol en solo s’avère grisant. J’ai rarement été aussi fier de moi en jouant à un jeu vidéo.

La distance d’affichage est époustouflante

Si vous optez pour les assistances au pilotage (ce que je vous recommande si vous ne savez pas ce que vous faites), vous verrez que le gameplay ressemble finalement à celui de Sea of Thieves. De nombreux microsystèmes viennent s’agréger pour former une boucle de gameplay. À vous ensuite de gérer chaque situation selon vos expériences passées.

Les 3 phases importantes du jeu sont le décollage, le vol de croisière et l’atterrissage. Chacun de ces phases requiert l’accomplissement de tâches spécifiques récapitulées dans une checklist dynamiques. Si vous n’arrivez pas à tout retenir, il suffit de l’afficher pour connaître la prochaine étape de votre vol. Rapidement, on se sent à l’aide à bord des différents avions du jeu et c’est à ce moment là que le plaisir de voler apparaît.

Voler, votre unique objectif

Je l’ai déjà mentionné mais j’insiste encore sur le sujet : Microsoft Flight Simulator est une expérience de simulation. Une fois en l’air, votre tâche principale sera de garder le cap, surveiller votre plan de vol et contempler le paysage.

C’est ici que la simulation prend tout son sens. Chaque petit détail dispose de son propre bouton et vous devrez naviguer dans l’interface complexe mais parfaitement rangée du jeu. L’impression de liberté est encore décuplée lorsqu’on se rend compte des possibilités quasi-infinies offertes par le jeu. Les aéroports sont très nombreux et vous en trouverez forcément un « proche » de chez vous. Chaque appareil est très fidèlement modélisé et l’idée de piloter un A320 a vraiment quelque chose d’intimidant.

Les effets météos sont particlièrement réussis. Mention spécial aux nuages volumétriques.

Enfin, comment ne pas saluer l’incroyable flexibilité du moteur. Vous pourrez dynamiquement changer la météo et revoir votre plan de vol très simplement. Quelque soit le point dans le monde ou vous vous trouverez, vous pourrez opter pour la pluie, la neige, l’orage et régler l’intensité de différents paramètres.

Les pilotes chevronnés opteront pour les défis qui impliquent de parcourir la distance entre deux points dans certaines conditions. La météo est d’ailleurs un facteur déterminant sur le gameplay puisqu’il faudra être bien plus vigilant lorsque la météo ne sera pas de votre côté. Le vent, la pluie, l’orage, la neige sont autant de dangers avec lesquels vous devrez composer.

La puissance du cloud Azure

En plus de pouvoir jouer avec tous les aviateurs du monde entier (et donc avec vos amis), Microsoft Flight Simulator se paye le luxe d’utiliser la météo et les plans de vols des avions en temps réel. En d’autres termes, vous pourrez croiser durant votre voyage d’autres avions qui volent réellement dans le ciel. De même, la météo dynamique permet de jouer, là encore, en conditions réelles.

Le plus impressionnant reste malgré tout la vitrine technologique que représente le jeu pour l’intelligence artificielle. En effet, si le titre utilise les cartes de Bing Maps pour recréer notre belle planète Terre, certaines informations et détails sont tout simplement manquants. Afin de les recréer le plus fidèlement possible, Asobo a fait appel à la société Blackshark.ai, une compagnie Autrichienne spécialisée dans la reconstruction en 3D des bâtiments sur la base de cartes.

Les arbres, l’eau et même la faune sont très biens rendus

Leur technologie combine la puissance d’Azure avec le talent de leur équipe pour recréer des bâtiments, des routes et de la topologie à partir de cartes plates. Ces créations tiennent compte de la géographie du monde réelle, les bâtiments sont conçus pour respecter différents types d’architecture et le tout fonctionne en temps réel.

En d’autres termes, nous avions ici un jeu qui a réellement su cartographier le monde entier en 3D avec un niveau de détail jamais atteint auparavant. Microsoft Flight Simulator, en plus d’être une expérience absolument délicieuse pour quiconque a un jour souhaité piloter un avion propulse Microsoft comme la première compagnie à avoir inauguré la prochaine génération de jeux.

C’est VRAIMENT très beau

La technique, ce n’est pas que le cloud et l’intelligence artificielle. Les graphismes ont une place capitale dans l’expérience et Asobo ne déçois pas. La distance d’affichage est tout simplement hallucinante et jamais un jeu n’aura eu à gérer autant de détails de façon dynamique. Les nuages volumétriques égalisent la représentation de l’eau de Sea of Thieves : c’est une prouesse technologique comme on en voit une fois tous les 10 ans.

Poussé au maximum, le jeu devient vraiment gourmand mais le résultat est exceptionnel. Il faudra certainement attendre la prochaine génération de composants pour réellement en tirer parti, mais Microsoft Flight Simulator est un jeu que l’on aimerait tester sur un écran géant en 8K tant il fourmille de détails. Les villes en photogrammétrie sont absolument superbes tandis que les paysages naturels à perte de vue sont une véritable invitation à l’exploration.

Le futur commence ici

En résumé, vous pouvez aller n’importe où dans le monde et retrouver ce soin extraordinaire au détail qui fait de Microsoft Flight Simulator l’équivalent de Forza Motorsport 7 dans sa catégorie : il s’agit de la meilleure simulation disponible aujourd’hui. Compatible avec tout un tas de périphériques et très accessible aux néophytes, le jeu est une expérience incroyable pour celui qui prend le temps de respirer, de regarder et de prêter attention à l’environnement. Un grand bravo à Asobo, Microsoft et Blackshark.ai, vous venez très officiellement de lancer la prochaine génération de jeux vidéo !